Guinée: Constat d’échec du gouvernement de transition. 

Ce gouvernement de transition né en 2021, après l’enterrement de l’alternance démocratique en 2020 ayant conduit à un coup d’Etat militaire, tout comme sa démocratie traversent aujourd’hui une des pires crises pouvant mettre son existence en péril.

Le chemin vers la démocratie n’est pas forcément un long fleuve tranquille. Il est accompagné de tensions, de négociations, de compromis et parfois de compromissions, d’intrigues et de tromperies aussi. 

Car malgré les différences, les difficultés et les faux-pas, c’est la volonté de vivre ensemble qu’est le secret de la réussite d’une démocratie consolidée. 

Mais en Guinée, c’est plutôt l’absence de volonté de passer outre les différences et divergences, de taire les sirènes de la haine ethniciste qui semble être une constante au sein de la classe politique, et en cela elle ouvre des brèches à des ingérences étrangères, des putschs constitutionnels et des coups d’états militaires insensés. 

La défiance à l’égard du pouvoir militaire guinéen suivie de séries de révoltes partielles et violentes confine désormais à la désobéissance. 

Et dans ce contexte, l’échec du gouvernement de transition sur fond de censure des médias ne fait plus de doute, au terme de 18 mois d’exercice. 

Aucune sortie de crise possible sans changement de gouvernement 

À l’état actuel des choses, une sortie de crise est impossible sans changement radical de l’équipe gouvernementale actuelle.

Car les membres de cette équipe gouvernementale tout comme les personnalités à la tête des institutions étatiques ont été choisis pour substituer l’intérêt communautaire à l’intérêt national. Et par conséquent ce gouvernement revêt un fort caractère népotiste, clientéliste, ethniciste. 

Les questions essentiellement liées au développement du pays, à la réduction des inégalités sociales, à la stabilité politique et sociale du pays, à la fin des violences et violations graves des droits de l’homme tout comme celles relatives à la sauvegarde des acquis démocratiques, n’ont pas pesé lors de la sélection des membres de l’équipe gouvernementale. 

En effet Mamady Doumbouya a préféré valoriser une élite factionnelle, clanique, clivante, médiocre et haineuse. 

Pourtant avec une telle élite, aucune vision d’ensemble des choses, aucune politique sérieuse ne peut être entreprise, avec succès.

Mais pour Mamady Doumbouya et son clan ethniciste le pouvoir est leur propriété personnelle, un élément de leur patrimoine qu’ils pourraient transmettre à leurs héritiers. Il leur faut agir ainsi. 

Et ils sont sans doute conscients qu’une telle conception du pouvoir exhorte assurément une politique qui ne se fait que dans le contexte régionaliste, ethnocentrique et clientéliste. 

Elle encourage la comédie démocratique, la polarisation des divisions ethniques, des manifestations violentes et surtout des violences post-électorales meurtrières telles qu’on les a toujours d’ailleurs vécues en Guinée. 

Appartenir à l’équipe gouvernementale n’est pas synonyme de compétences 

L’objectif du CNRD étant le maintien du pouvoir dans les mains d’un clan régionaliste, ethniciste, clanique et mafieux, donc tout homme ou femme qui épouse ces idéologies peut-être ministre. On a pas besoin de regorger de bonnes qualités. 

Tout d’abord l’État en Guinée ressemble à un fromage dans lequel des rats civils et militaires font leur trou. 

On fait la promotion des médiocres et idiots de la République sur fond du néopatrimonialisme. 

Or, nous savons que la valeur d’un État repose sur les individus qui la composent. 

Sauf qu’on n’en tient pas compte. Et c’est pourquoi, on constate que la grande majorité des ministres et cadres choisis par Mamady Doumbouya ne détiennent aucune qualité  et compétence pour mériter un poste ministériel. 

Pour être ministre, on doit forcément avoir certaines qualités

Un ministre doit par exemple savoir parler, communiquer et être à l’aise à l’oral. 

Si vous êtes ministre et que vous ne vous sentez pas confortable face à de nombreuses personnes et que vous n’êtes pas convaincant, votre crédibilité en tant que ministre peut être remise en question. 

L’aisance orale est donc un aspect qu’il faut bien travailler. 

Et très peu de ministres de Mamady Doumbouya détiennent cette aisance orale. 

Être ministre consiste aussi à prendre la parole et donner des conférences face à un public et des journalistes, et ce notamment pour les médias. 

Les caméras et les micros ne doivent donc pas vous effrayer. 

De plus, vous devez avoir une bonne culture générale et de grandes qualités humaines. 

En effet, le ministre doit se montrer empathique et savoir s’adapter aux personnes qui se trouvent en face de lui. Cela lui permettra de gagner la confiance de l’opinion publique, en vue de mener à bien ses missions. 

Et la grande majorité des ministres de Mamady Doumbouya souffrent plutôt d’une déficience intellectuelle et morale, d’arrogance et d’insincérité pesante. D’aucuns sont d’ailleurs va-t-en guerres et source d’instabilité politique. 

C’est ce qui explique leur manque d’empathie face aux tueries des adolescents guinéens le 10 mai dernier par exemple. 

Enfin, un ministre doit être rigoureux, organisé, responsable, réfléchi et avoir une bonne résistance au stress.

Un ministre doit surtout faire preuve de force et persévérance pour gérer tous les problèmes qui peuvent surgir dans son quotidien. Il ne cherchera jamais à être un problème aux solutions. 

Car, les bonnes nouvelles ne sont pas toujours au rendez-vous dans l’actualité…

Mais en Guinée les ministres de Mamady Doumbouya n’ont que faire des bonnes ou mauvaises nouvelles.. 

De toute évidence, ils ont été nommés pour se faire un trou dans le fromage guinéen qui est l’État et non pour être au service du peuple et de l’État. 

Ils savent qu’en tant que membre du gouvernement guinéen ce ne sont pas leurs actions et notoriété auprès des citoyens qui leur permettront de conserver leur place dans le ministère, mais plutôt leur loyauté vis-à-vis du président Mamady Doumbouya. 

L’échec est donc inévitable 

Avec une telle constellation, la gestion de la transition politique enclenchée le 05 septembre 2021 ne peut être que de surface et l’échec du gouvernement de transition inévitable. 

Désormais les faits s’enchaînent et corroborent tous vers une seule et même conclusion que le gouvernement actuel ne peut pas conduire les réformes nécessaires pour faciliter le retour à l’ordre constitutionnel. 

Il y a donc une certaine obligation, voire même une impérieuse nécessité de changer l’équipe actuelle pour donner à la transition toutes les chances de réussir. 

Car ce gouvernement excelle dans l’amateurisme, l’arrogance, le mépris et la suffisance.

Alors qu’une transition par excellence est une période d’ouverture, de consensus, de dialogue apaisé et inclusif pour enfin parvenir à stabiliser le pays. 

Aïssatou Chérif Baldé 

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