CEDEAO: vers la création d’une force d’intervention anti-putsch pour lutter contre les coups d’Etat en Afrique de l’ouest ?

L’annonce a été faite par le président Bissau-Guinéen, le Général Umaro Sissoco Embalo, président en exercice de la  Cédéao, lors de la visite du président français Emmanuel Macron hier jeudi 28 juillet dans ce petit pays instable de la sous-région ouest-africaine. 

Emmanuel Macron achève donc sa tournée en Guinée-Bissau sur fond de rivalité franco-russe sur le continent. 

La veille, le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, achevait lui aussi une mini-tournée dans plusieurs pays africains, lors de laquelle il a fustigé l’attitude des Occidentaux.

Après le Cameroun, puis le Bénin, Emmanuel Macron a achevé sa tournée en Afrique, jeudi 28 juillet, avec la rencontre du président Umaro Sissoco Embalo en Guinée-Bissau. 

Au menu des discussions avec celui qui vient de prendre la présidence de la Cédéao : la situation sécuritaire au Sahel, la situation actuelle au Mali, au Burkina Faso et en Guinée.

C’est lors d’une conférence de presse conjointe avec le président français que le président en exercice de la Cédéao a fait savoir que la création d’une « force anti putsch est déjà sur la table ».

Donc celui qui veut aussi être le nouveau vassal de la françafrique pour faire le sale boulot contre les chefs d’Etats jugés désobéissants à l’égard de la France monte déjà au créneau. 

Et cette annonce est une fuite en avant, un enfoncement sans fin et dans le seul but d’être un bon élève aliéné et pour protéger le pouvoir des despotes, usuriers négriers de la sous-région ouest-africaine. 

Car on sait pertinemment que l’intervention des militaires est la conséquence des dysfonctionnements constatés au niveau de la gouvernance civile.

La récurrence des coups d’État militaires en Afrique s’explique  par le fait que ceux qui ont accédé au pouvoir par les urnes tels que Alpha Condé, Alassane Ouattara, Patrice Talon, Macky Sall ont tendance à  croire que  rien ne pourra plus leur résister. 

Même s’ils savent que leur accession au pouvoir est le plus souvent le résultat d’urnes truquées ou tronquées qui fatalement appellent à  diverses formes de résistance (soulèvements populaires,insurrections, coup d’État militaire ).

Le fait que la constitution et tout comme l’alternance démocratique n’ont pas de valeur pour ces chefs d’États africains conduit aussi à des coups d’États militaires, 

Or, lorsque la Constitution fait l’objet de révisions fréquentes,elle finit par perdre  sa sacralité et devient une norme ordinaire qui n’a pas la même transcendance ; donc les  citoyens n’y croient plus parce qu’il s’agit en réalité d’une forme de coup d’État constitutionnel. 

Il suffit de jeter un regard dans plusieurs pays africains pour se rendre compte que cette façon  d’agir est presque souvent motivée par la volonté de se maintenir de façon  indue au pouvoir,même si la tendance nouvelle est de solliciter un habillage référendaire qui constitue un simple paravent pour  se couvrir d’une fausse légitimité que les populations ont du mal à admettre.

Et sur cette question la Cédéao est majestueusement amorphe. 

Elle a réagi par exemple tardivement pour ce qui est du cas de la Guinée alors qu’elle aurait pu ( devrait) le faire en amont. Et elle a donc été indifférente lorsque Alpha Condé, comme d’autres de ses pairs avant lui,modifiait outrancièrement à son seul et exclusif profit la Constitution. 

Sous ce registre ,on peut considérer que la Cédéao, comme d’autres organes communautaires de même  nature, est en décalage profond avec le vécu des populations africaines. 

Donc M Embalo au lieu de penser à créer une force d’intervention militaire pour empêcher les coups d’État militaires dans le seul objectif de protéger votre pouvoir et celui de vos pairs. 

Le mieux serait de donner du nouveau souffle à la Cédéao qui ne semble pas avoir pris  conscience  des  enjeux contemporains de la démocratie  et des exigences citoyennes.

Et dont les États membres après 6 décennies d’indépendances, évoluant entre la culture de l’assistanat, le dirigisme, l’ambivalence, la politique de l’autruche et l’élitisme, sont de façon éhontée incapables de protéger sa population, de mettre fin au djihadisme et au terrorisme dans cette zone. 

Voyez-vous M Embalo que vos sanctions surréalistes prononcées contre les États faiseurs de coups d’État ne dissuadent pas les militaires face à des pouvoirs civils, despotiques, injustes et incompréhensibles. 

Donc ce n’est pas la mise en place d’une force d’intervention militaire anti-putsch qui va empêcher les coups d’État militaires. 

La source de l’ordre, c’est la justice et il demeure le plus sûr garant de la tranquillité publique. 

Commencer donc par respecter les règles du jeu démocratique, par adopter des attitudes démocratiques, par faire du bonheur des citoyens, la lutte contre le terrorisme, le djihadisme votre priorité, les coups d’états militaires disparaîtront, comme c’est fut le cas en Europe et en Amérique latine. 

C’est la paix qui empêche les conflits armés, les soulèvements populaires, les coups d’États militaires, le terrorisme, l’immigration clandestine ou climatique, ces longues convulsions capables de déchirer nos États, et vous ne la cherchez jamais. 

Enfin président Embalo, le remède à toutes ces convulsions est pourtant si simple pour une institution qui ne veut pas être l’antichambre du néocolonialisme et pour un président qui refuse d’être cet aliéné mental porte-voix d’un monde de plus en plus injuste et violent. 

Aïssatou Chérif Baldé 

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