Aucun pouvoir ne s’acquiert de manière hasardeuse !

Le pouvoir en Guinée est par essence violent. Il corrompt, abuse. 

Et ces détenteurs pensent d’ailleurs qu’il est une conspiration permanente et ne se partage pas. 

Selon Franklin Roosevelt: « En politique, rien n’arrive par hasard. Chaque fois qu’un événement survient, on peut être certain qu’il avait été prévu pour se dérouler ». 

Et comme il a raison ! 

Dans ce domaine, tout acte posé mérite d’être analysé au préalable afin d’éviter des conséquences graves incalculables. 

La politique ne doit pas forcément être réduite au « real politique », ou encore au « cynisme ou à la cruauté ». 

Cependant, elle doit forcément être fondée sur le pragmatisme, l’audace, l’improvisation. 

Et cette politique pragmatique, pratique ne peut pas être idéale ou moraliste,mais plutôt applicable, adaptée aux adversaires politiques tels qu’ils sont. 

Et cela exige d’un homme ou femme politique de  faire usage d’une politique pratique, pragmatique calquée des réalités de son environnement. 

En prenant soin de comprendre le mode de fonctionnement de l’adversaire politique, le surprendre, le surpasser voire composer avec ses maux pour enfin conquérir le pouvoir. 

Mais, lorsqu’on se fait passer pour un politicien sans conviction, principe et idéal, un indécis, complaisant, suiviste, incapable d’improviser, de surprendre, de prévenir, de se projeter sur L’avenir. 

Donc toujours dans l’ambiguïté avec un langage peu concis dans la jungle guinéenne où l’on dévore les plus faibles que soit, et rampe devant ceux qui sont forts; où le cynisme et la cruauté ont pris le dessus. 

Il serait peut être intelligent et judicieux de changer de métier et d’enlever le costume de politicien. 

Car un tel politicien ne pourra jamais sortir victorieux dans la jungle guinéenne. 

Et on sait, qu’il s’agit bien évidemment des adversaires qui en réalité n’ont aucun intérêt à articuler la légitimité de leur pouvoir sur les institutions modernes telles que les élections démocratiques, inclusives, transparentes et légales. 

Tous les termes qu’ils utilisent tels que refondation de l’État, justice, équité, corruption, panafricanisme ne sont que des accessoires, des slogans creux vides de sens, du trompe l’œil. 

L’ancien président guinéen Alpha Condé, l’actuel président ivoirien Alhassane Ouattara, ou encore le togolais Faure Eyadema sont une illustration parfaite de tels hommes. 

Ces hommes de pouvoirs en Afrique sont conscients du fait qu’ils font de la négation du processus électoral la base de légitimation de leur pouvoir politique. 

Et ce qui conduit le plus souvent à la naissance d’un pouvoir autoritaire, personnalisé.

D’où la nécessité pour eux d’organiser des élections non transparentes afin de pousser à la défiguration de la démocratie et renforcer donc le système autoritaire.

Lorsqu’il s’agit encore d’un militaire venu au pouvoir par un coup d’état militaire violent et trouve le soutien au sein d’un groupe clanique, hégémonique, mafieux avec des ramifications dans les structures impérialistes mafieuses. 

Le résultat est pire!

Fort de ces soutiens malsains, il peut broyer tout sur son passage. 

L’actuel président de la transition en Guinée, est aussi une illustration parfaite de tels hommes de pouvoir en Afrique. 

Et c’est pourquoi lorsqu’on voit le Colonel Doumbouya à l’œuvre. 

On sent tout de suite qu’il est un adepte de la justice à géométrie variable, du populisme, du clanisme, du favoritisme et de la démagogie. 

Il récupère les biens de l’État occupés par Damaro Camara, Cellou Dalein Diallo, Sydia Touré qui selon lui ont un caractère sacral, mais ni lui, ni les membres de son gouvernement de figuration n’ont voulu faire la déclaration écrite de leur patrimoine familial. 

Pire encore, les immeubles de l’ancien ministre de la défense Mamady Diane construits avec l’argent du contribuable guinéen ne font l’objet d’aucune poursuite judiciaire. 

Bouréma Condé, cet autre ancien ministre de Condé continue d’occuper un domaine de l’État sans être inquiété. 

Il a écroué Djoulde Diallo en prison, mais laisse les plus grands voleurs de la République de Guinée sous le régime de M Alpha Condé en toute liberté. 

Aujourd’hui, il déterre le dossier d’air Guinée, mais  occulte les cas des “Contrats Miniers-Guinée/750 millions de dollars de Rio Tinto. 

Or les guinéens ont besoin d’être situés sur ce dossier?

Colonel Doumbouya poursuit l’ancienne ministre Djenab Dramé, mais épargne Kassory Fofana l’un des plus grands pilleurs de la République de Guinée qui était pourtant le chef de celle-ci. 

Il poursuit Mamadou Sylla dans l’affaire d’air Guinée, mais aucune enquête ouverte contre Lansana Kouyaté dans l’affaire du crédit révolving au niveau de la banque française BNP Paribas à hauteur de 10 millions de dollars. 

Comme pour dire que pour Colonel Doumbouya et sa CRIEF la justice ne s’applique pas à toutes et à tous également. L’administration de la justice semble plutôt fonctionner à géométrie variable ; elle change de visage selon les classes socio-économiques, ethnicistes et mafieuses. 

Pourquoi ? Que sais-je ? De quoi je me mêle ! 

Alors vouloir convaincre de telles personnes assoiffées de pouvoir, de son intelligence ou de son humanisme est juste chimérique.

Mieux, la vie politique reste jonchée d’écueils, d’alliances, motivées par des élans généreux, simplement parce que l’affrontement des egos ne peut pas conduire à des ralliements qui sont considérés comme des échecs, des soumissions, des emprises les uns sur les autres.

Un fait juste normal, car la politique est un état de guerre permanent, un théâtre d’affrontement d’idées mais aussi de personnalités. 

Et dans ce monde, le hasard ne peut pas y trouver sa place. 

Il y règne plutôt, les crises, les intrigues, des erreurs, des pièges, mais qui ne surgissent pas de façon hasardeuse. 

Et ils servent plutôt d’indicateurs pour rectifier une trajectoire, explorer de nouvelles orientations, expérimenter un autre chemin. 

À suivre….. 

Aïssatou Chérif Baldé

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