Sommet France-Afrique: Une nouvelle formule d’Emmanuel Macron pour repérer les futurs laquais français en Afrique.

Ce sommet qui selon le gouvernement français est consacré à la jeunesse d’Afrique et de France se tiendra le 08 octobre 2021 à Montpellier. 

Il s’agit selon le Ministère de l’Europe et des Affaires Étrangères français organisateur de l’événement, une rencontre tournée vers les acteurs du changement (entrepreneurs, intellectuels, chercheurs, artistes, sportifs, créateurs, influenceurs…).

Et il y a lieu de se demander sur quelle base, ces acteurs sont choisis par la France et quel est l’objectif de cette énième rencontre d’un pays qui refuse la liberté, le développement à un continent qu’il pille depuis plus de 400 ans.

La réponse est claire, la France de Macron cherche à soigner son image très écornée en Afrique. 

Car selon une enquête menée cette année dans douze pays par l’institut IMMAR R&C, spécialiste des études médias et marketing en Afrique subsaharienne et Afrique du Nord auprès des leaders d’opinion africains, la France fait partie des pays ayant une image peu positive en Afrique. Le résultat de l’enquête de 2021 confirme alors le décrochage de la France et elle est d’ailleurs dépassée par l’Allemagne. 

Ce résultat constitue un sérieux problème pour la France. 

Étant trop présente en Afrique notamment sur le plan militaire, économique, diplomatique, la France veut trouver une nouvelle formule pour ne pas perdre son influence sur le continent africain. 

Et avec sa présence de trop, le sentiment anti-français en Afrique ne cesse d’augmenter. 

Car si dans la première édition du baromètre Africaleads, en 2019, elle était 5e, avec 21 % de répondants la citant comme l’un des pays dont ils avaient la meilleure image. Cette année, elle recule encore de quatres position et finit 7e, avec 17 % juste devant la Turquie avec 15 %.

Ces relations actuelles avec les autorités du Mali et avant la République Centrafricaine sur fond de crise sont des exemples illustratifs de ce sentiment anti-français très répandu au sein de la nouvelle génération en Afrique. 

Alors pour inverser cette donne, elle doit changer de stratégie et aller à la recherche de futurs laquais de la françafrique au sein de la jeunesse guinéenne et africaine en quête de notoriété publique dans leurs pays respectifs.

Les entreprises françaises réalisent 60 milliards d’euros de chiffre d’affaires en Afrique, et il est hors de question de perdre cette manne financière. 

Elle doit donc agir très vite, et elle peut compter sur une partie de la jeunesse africaine pressée d’être des futurs bons élèves, des laquais de la françafrique à l’image de Macky Sall, Ouattara, Denis Sassou N’Guessou, Paul Biya, Faure Eyadema, Ali Bongo et l’actuel président du Tchad, le fils du défunt président Idriss Deby. 

Cette position actuelle de la France prouve que la françafrique est à bout de souffle et que la nouvelle génération de jeunes africains conscients ne se sent pas concernée par ce que la France a pu représenter pour ses aînés, qui regarde de moins en moins vers elle. 

Il s’agit ici d’un ras-le-bol, une révolte, un refus de la mainmise de l’État français sur nos autorités et, par ricochet, sur nos économies, sur nos peuples. 

Nous savons aujourd’hui que pour développer l’Afrique, il nous suffit d’avoir des présidents à l’image de Paul Kagame, de Nana Akufo-Addo, de Buhari et pas plus pas moins. 

Si la France veut réinventer les relations France-Afrique, qu’elle commence par résilier les accords de coopération avec les États africains, qu’elle mette fin à la monnaie coloniale CFA, qu’elle arrête de soutenir les pouvoirs despotiques au Togo, au Gabon, au Tchad devenus des dynasties.

Que cette France qui se dit être berceau des droits de l’homme, arrête de soutenir les coups d’État constitutionnel en Afrique et par conséquent la défiguration de la démocratie.

Et que cette France arrête d’imposer à l’Afrique des présidents rôtisseurs, des dynasties despotiques, des présidents mal élus.

Qu’elle arrête de soutenir les multinationales françaises telles que Bolloré, Areva et ses multiples entreprises, Elf, Saure, Bouygues source de déstabilisation des nations africaines. 

Et qu’elle mette surtout fin à la présence de son réseau de bases militaires en Afrique et qui s’y trouve depuis 1960.  

Car son armée a souvent été employée pour porter au pouvoir ou pour protéger des dirigeants alliés, des despotes, des tyrans tels que Omar Bongo au Gabon en 1990 ou M. Idriss Déby Itno au Tchad en 2008. En 2011, l’intervention de son armée a permis à M. Alassane Ouattara d’accéder à la présidence de la Côte d’Ivoire, à l’issue d’une crise postélectorale meurtrière. 

Mieux, les alliances de votre armée nouée avec le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), est l’une des raisons qui alimentent aujourd’hui la défiance des nouvelles autorités maliennes. 

Voilà en gros ce que la jeunesse africaine consciente vous demande. 

Partir donc à la recherche de nouveaux laquais en Afrique pour vous aider à faire de l’Afrique votre  « propriété » ne changera en rien la détermination de la génération consciente à voler de ses propres ailes. 

Et comme le disait Thomas Sankara « L’esprit de liberté, de dignité, de compter sur ses propres forces, d’indépendance et de lutte anti-impérialiste […] doit souffler du Nord au Sud, du Sud au Nord et franchir allègrement les frontières. D’autant plus que les peuples africains pâtissent des mêmes misères, nourrissent les mêmes sentiments, rêvent des mêmes lendemains meilleurs ». 

Jeune africain, prêt à tout pour gagner la sympathie du maître colon quitte à courber l’échine , ce potentiel futur laquais de la françafrique affiche pleinement ton attachement à ton maître Macron et tu trouveras des milliers de Jerry Rawlings, de Thomas Sankara, de Goita, de Kemi Seba, de Nathalie Yamb, d’Aminata Traore sur ton chemin. 

Aïssatou Chérif Baldé 

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