Par la rédaction d’African Panorama
L’affaire du diplomate guinéen du nom d’Allahssane Cissé, annoncé comme ayant été interpellé le 3 novembre 2026 à l’aéroport international Newark Liberty, aux États-Unis, prend une tournure particulièrement paradoxale.
Alors qu’une note confidentielle, dont nous détenons copie et attribuée à l’ambassadeur de Guinée auprès des Nations unies, évoque une interpellation du diplomate guinéen en poste à l’ambassade de Guinée à Berlin par les autorités américaines, avec une importante somme d’argent en sa possession, le ministère des Affaires étrangères a publié un communiqué officiel rejetant catégoriquement ces informations.
Au milieu de ces deux versions contradictoires, le nom de Morisandan Kouyaté soulève des interrogations sur la gestion politique et diplomatique de ce dossier.
L’affaire commence à faire grand bruit dans les milieux diplomatiques guinéens et au delà. Depuis le 3 novembre, des informations faisant état d’une prétendue interpellation d’Allahssane Cissé, présenté comme chargé d’affaires auprès de l’ambassade de Guinée en Allemagne, à son arrivée aux États-Unis, alimentent les discussions.
Selon une note confidentielle adressée au ministre guinéen des Affaires étrangères, Morisandan Kouyaté, dont nous détenons copie et attribuée à Dabo Mohamed, ambassadeur de Guinée auprès des Nations unies à New York, le diplomate aurait été interpellé par les autorités américaines à l’aéroport international Newark Liberty, à bord du vol United 963 en provenance de Berlin.
Le document évoque également la présence d’une somme supérieure à 50 000 euros, qui aurait attiré l’attention des autorités américaines. Toutefois, la note précise que les circonstances exactes de l’interpellation, les motifs retenus ainsi que le lieu où se trouverait éventuellement l’intéressé restaient à confirmer.
Mais c’est surtout la réaction du département des Affaires étrangères qui donne une autre dimension à cette affaire.
Dans un communiqué officiel daté du 3 novembre 2026, le ministère dément avec fermeté les informations faisant état d’une interpellation de son chargé d’affaires en Allemagne. Il qualifie ces allégations de totalement infondées et dénonce leur propagation par certains canaux de communication.
Deux documents, deux lectures d’une même affaire. D’un côté, une note confidentielle qui recommande des démarches urgentes auprès des autorités américaines pour obtenir des éclaircissements. De l’autre, un communiqué officiel qui oppose un démenti catégorique aux informations relayées.
Dès lors, plusieurs interrogations méritent des réponses. Pourquoi une note diplomatique évoquant un incident aussi sérieux a-t-elle été adressée au ministre si les informations étaient dépourvues de tout fondement ? Les autorités guinéennes ont-elles procédé à toutes les vérifications nécessaires avant de publier leur démenti?
Au-delà de la polémique, cette affaire touche à une question fondamentale : la crédibilité de la représentation diplomatique guinéenne à l’étranger. La Convention de Vienne de 1961 encadre clairement les privilèges et immunités diplomatiques, mais leur application dépend notamment de la qualité exacte du statut de l’intéressé et des circonstances de l’incident.
Pour l’heure, aucune confirmation indépendante de l’interpellation ni aucun élément public permettant d’établir les circonstances évoquées dans la note ne sont disponibles dans les deux documents examinés.
Une chose demeure certaine : les contradictions entre ces deux communications exigent des explications précises. Dans un dossier où l’image de la Guinée et la crédibilité de sa diplomatie sont en jeu, la transparence et la rigueur devraient primer sur les déclarations précipitées dans le but d’étouffer l’affaire et de protéger les intérêts du clan népotiste autour de l’intouchable ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, Morisandan Kouyaté.
L’opinion publique attend désormais des réponses claires sur cette situation. Et l’on nous apprend d’ailleurs que le président Mamadi Doumbouya est déjà informé de la situation.
Reste à savoir quelle sera sa réaction face à des diplomates guinéens qui sont tout simplement dans le décorum.
La rédaction d’African Panorama

