Berlin. Les élections régionales organisées dimanche dans la capitale allemande et en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale confirment la fragmentation du paysage politique outre-Rhin. À Berlin, Die Linke, l’extrême gauche allemande, crée la surprise en devenant la première force politique de la région de Berlin. Dans le nord-est du pays, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), notamment droite aux xénophobes, racistes et négrophobes s’impose pour la première fois dans un Land dirigé jusqu’ici par les sociaux-démocrates.
Selon les projections publiées dans la soirée, Die Linke recueille environ un quart des suffrages à Berlin et devance la CDU, le parti du chancelier Friedrich Merz, très en baisse dans les sondages et surtout très impopulaire.. Le parti de gauche radicale améliore nettement son score par rapport au précédent scrutin, tandis que le SPD enregistre un recul historique et tombe à la cinquième place. L’AfD progresse également dans la capitale mais reste loin derrière le parti de gauche.
La campagne berlinoise a largement été dominée par la question du logement. Dans une ville confrontée à une forte hausse des loyers et à une pénurie persistante de logements abordables, Die Linke a fait de la régulation du marché immobilier et de la défense des locataires son principal axe de campagne.
À plus de 200 kilomètres au nord, le scrutin a livré un résultat tout aussi marquant. En Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, ancienne région de l’Allemagne de l’Est, l’AfD c’est-à-dire l’extrême droite très radicale dont la campagne électorale ne reposait que sur l’immigration, arrive en tête avec environ 37 à 38 % des voix, devant le SPD de la ministre-présidente sortante Manuela Schwesig, crédité d’un peu plus de 35 %. Le parti d’extrême droite double pratiquement son résultat de 2021 et devient la première force politique du Land.
Malgré cette percée, l’accès de l’AfD au pouvoir régional demeure incertain. Les autres formations représentées au parlement régional continuent pour l’heure d’exclure toute coalition avec le parti.
Ces élections interviennent dans un contexte de forte recomposition politique en Allemagne. Après la victoire de l’AfD en Saxe-Anhalt au début du mois, les scrutins de Berlin et du Mecklembourg-Poméranie-Occidentale confirment l’affaiblissement des partis traditionnels et la progression de forces politiques radicales du spectre politique.
À Berlin, la dynamique profite à Die Linke. Dans l’est du pays, elle bénéficie principalement à l’AfD. Deux trajectoires distinctes qui traduisent, chacune à leur manière, les profondes tensions sociales et politiques que traversent aujourd’hui l’Allemagne.
