Guinée : l’enlèvement de Bella Bah relance les critiques contre les méthodes du régime militaire

La disparition de l’activiste guinéen Bella Bah, signalée par son épouse samedi 8 août 2026, suscite une vive émotion et relance le débat sur les enlèvements présumés visant des voix critiques du pouvoir. Cette affaire intervient dans un contexte marqué par des tensions autour d’une publication controversée de l’activiste à l’encontre d’une importante autorité religieuse du pays.

Selon les déclarations de son épouse, Ami Bah, relayées sur les réseaux sociaux, l’activiste Bella Bah aurait été enlevé alors qu’il se trouvait dans son établissement scolaire à Conakry. Depuis cet incident, sa famille affirme être sans nouvelles de lui et ignore le lieu où il aurait été conduit ainsi que les motifs de sa disparition.

Cette nouvelle affaire vient allonger la liste des cas de disparitions et d’enlèvements dénoncés par des organisations de défense des droits humains et par plusieurs acteurs de la société civile guinéenne.

D’après les informations disponibles, l’enlèvement présumé de Bella Bah est intervenu quelques heures après la publication d’un message controversé dans lequel il critiquait le premier imam de la Grande Mosquée Fayçal, Mamadou Saliou Camara.

Face à la polémique suscitée par ses propos, l’activiste avait par la suite annoncé avoir supprimé sa publication.

Pour de nombreux observateurs, cette affaire soulève une nouvelle fois la question du respect des procédures judiciaires en Guinée. Même dans l’hypothèse où les propos tenus par l’activiste pourraient être considérés comme répréhensibles ou offensants, il appartient à la justice, légalement compétente et apparemment saisie par la partie concernée, de se prononcer sur le dossier.

Le recours à des enlèvements ou à des disparitions forcées, lorsqu’ils sont avérés, constitue une grave entorse aux principes de l’État de droit et aux garanties fondamentales reconnues aux citoyens. Les critiques estiment qu’une telle pratique ne peut être banalisée dans un pays qui se réclame démocratique, du respect des lois et des institutions et pour Premier ministre un ancien droit-de-l’hommiste. 

Au-delà du cas de Bella Bah, cette affaire alimente les accusations récurrentes visant les autorités militaires. Pour leurs détracteurs, elle reflète une gouvernance de plus en plus autoritaire et une gestion du pouvoir marquée par la disproportion dans le traitement des voix dissidentes.

Dans l’attente d’une communication officielle permettant d’établir les circonstances exactes de cette disparition, les interrogations demeurent nombreuses quant au sort réservé à l’activiste et aux garanties accordées aux libertés fondamentales en Guinée.

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