Guinée : la diaspora se mobilise à New York et à Paris à l’appel des Forces vives

Par Aissatou Cherif Baldé

À l’occasion de la participation du président de la transition guinéenne, Mamadi Doumbouya, à la 81e Assemblée générale des Nations unies, les Forces vives de Guinée ont organisé une mobilisation de la diaspora à New York. Un nouveau rassemblement est également annoncé à Paris le 26 septembre 2026 pour dénoncer ce que les organisateurs présentent comme une confiscation progressive du pouvoir par les autorités de transition.

Depuis plusieurs semaines, les Forces vives multiplient les appels à la mobilisation auprès des Guinéens établis à l’étranger. Selon les organisateurs, plusieurs membres de la diaspora se sont réunis devant le siège des Nations unies à New York afin de porter leurs revendications et d’attirer l’attention de la communauté internationale sur la situation politique en Guinée.

Cette mobilisation intervient dans un contexte marqué par de vives tensions entre les autorités de transition et une partie de l’opposition politique ainsi que de la société civile. Les Forces vives affirment observer une évolution préoccupante de la gouvernance du pays depuis le coup d’État militaire du 5 septembre 2021 qui a porté le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) au pouvoir.

Les organisateurs citent notamment la révocation du passeport de l’opposant Cellou Dalein Diallo parmi les décisions qu’ils considèrent comme révélatrices d’un durcissement du régime. Ils dénoncent également la suspension de manifestations, les restrictions imposées à certaines voix critiques ainsi qu’un climat de polarisation croissante dans le débat public.

Dans leur communication, les Forces vives accusent les autorités de transition de recourir à des pratiques attentatoires aux libertés fondamentales. Elles évoquent notamment plusieurs cas de disparitions, d’arrestations ou de détentions qu’elles considèrent comme préoccupants. Parmi les personnes citées figurent le colonel Lucien Bilivogui, Sadiba Koulibaly, Foniké Menguè Sylla, Billo Bah et Habib Marouane Camara, dont les situations ont été régulièrement relayées par des organisations de défense des droits humains et des acteurs de la société civile.

Les responsables du mouvement estiment que les tensions politiques actuelles contribuent à fragiliser davantage le tissu social guinéen. Ils dénoncent également la multiplication de discours hostiles sur les réseaux sociaux, parfois marqués par des références communautaires ou ethniques susceptibles d’alimenter les divisions.

Face à cette situation, les Forces vives de France, sous la coordination de Mamadou Bobo Souaré, appellent les organisations de la société civile, les partis politiques, les associations de la diaspora ainsi que les défenseurs des droits humains à participer au rassemblement prévu à Paris le 26 septembre 2026.

Selon le communiqué publié à cette occasion, les organisateurs entendent dénoncer les enlèvements forcés, la confiscation du pouvoir, la gestion des ressources naturelles, la corruption, le blanchiment d’argent ainsi que ce qu’ils qualifient d’effritement du tissu social.

Les Forces vives affirment vouloir inscrire leur démarche dans une mobilisation citoyenne et pacifique visant à défendre les libertés publiques, le respect des droits fondamentaux et le retour à un ordre démocratique en Guinée. Elles appellent les Guinéens de l’étranger et l’ensemble des soutiens à leur cause à se mobiliser lors des rassemblements organisés à New York et à Paris afin de faire entendre leurs préoccupations sur l’avenir politique du pays.

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