ONU : Mamadi Doumbouya hué à New York par des opposants guinéens.


En déplacement à New York pour la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, Mamadi Doumbouya a été confronté à une mobilisation d’opposants guinéens devant son hôtel et aux abords du siège de l’ONU. Slogans hostiles, huées et forte tension : le séjour new-yorkais du chef de la junte guinéenne a été marqué par une contestation particulièrement visible.

Par Aissatou Chérif Baldé

Un accueil sous haute tension à Manhattan

Mamadi Doumbouya était à New York, ce mercredi 23 septembre 2026, pour prendre part à la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies.

Mais loin des tribunes diplomatiques et des rencontres officielles, son déplacement a été marqué par une mobilisation d’opposants guinéens. Devant l’hôtel Waldorf-Astoria, à Manhattan, ainsi que près du siège des Nations unies, des membres des Forces vives de Guinée aux États-Unis se sont rassemblés pour dénoncer sa gouvernance.

Il y a des présidents dont on se passerait bien. À New York, le séjour du chef de la junte guinéenne n’est manifestement pas passé inaperçu.

Selon les éléments rapportés autour de cette mobilisation, une centaine d’opposants s’étaient donnés rendez-vous devant l’hôtel où séjournait Mamadi Doumbouya. La contestation s’est prolongée pendant plusieurs heures.

Des slogans hostiles au chef de la junte

Accompagné de plusieurs de ses ministres, notamment du ministre des Affaires étrangères et des Guinéens de l’étranger, Mamadi Doumbouya a été confronté à une mobilisation particulièrement visible.

Les manifestants ont brandi des slogans le qualifiant de « dictateur » ou de « criminel ». Ils ont également dénoncé les violations des droits de l’homme, les assassinats politiques et les disparitions forcées qu’ils attribuent à son régime.

Cette mobilisation intervient alors que les opposants guinéens entendent porter leur contestation au-delà des frontières nationales.

Le cortège présidentiel pris à partie

La tension est montée d’un cran au moment du départ du président de l’hôtel.

Le cortège présidentiel a été pris à partie par des manifestants. La situation a dégénéré en scènes de chaos dans les rues de Manhattan lorsque des protestataires en colère ont poursuivi et pris pour cible le véhicule transportant le président, tout en huant la délégation officielle.

Ces scènes donnent une visibilité internationale à une contestation que les opposants souhaitent présenter comme le reflet du mécontentement suscité par le pouvoir de Mamadi Doumbouya.

Des contre-manifestations qui n’ont pas étouffé la contestation

Malgré les fonds publics décaissés pour organiser des contre-manifestations, la mobilisation des opposants a bel et bien eu lieu.

Des centaines de Guinéens se sont rassemblés à New York pour faire entendre leur colère et dénoncer ce qu’ils considèrent comme les dérives du régime.

Pour l’opposition, le message envoyé depuis Manhattan est sans ambiguïté : la contestation guinéenne ne s’arrête pas aux frontières du pays.

Le message de l’opposition

Il faut noter que jamais auparavant un dictateur africain n’avait subi une telle situation.

Le message de l’opposition est donc clair : si Mamadi Doumbouya est allergique aux critiques et est capable de faire subir aux citoyens en Guinée la plus crasse des dictatures, il ne peut en aucun cas contrôler les Guinéens en dehors des frontières.

Les manifestations de New York constituent ainsi, pour ses opposants, un avertissement politique adressé directement au chef de la junte.

Reste à savoir si cette mobilisation contribuera à ouvrir la voie à un dialogue franc avec l’opposition et à mettre fin à ce que ses détracteurs dénoncent comme l’arbitraire

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