Alors que les poursuites visant l’ancien président de la Cour constitutionnelle, Mohamed Lamine Bangoura, sont présentées comme un symbole de la lutte contre l’impunité, de nombreuses voix s’interrogent sur la cohérence et l’efficacité de la croisade anticorruption menée sous la transition. Entre attentes populaires, soupçons de sélectivité et scandales financiers persistants, le débat reste entier.
Une affaire qui relance le débat sur la lutte contre la corruption
Au-delà du cas de Mohamed Lamine Bangoura, de Kassory Fofana, Oyé Guilavogui, et tant d’autres anciens dignitaires du pouvoir d’Alpha Condé, cette procédure judiciaire relance le débat sur l’efficacité réelle de la lutte contre la corruption en Guinée. Alors que les autorités militaires ont voulu placer la moralisation de la gestion publique et la refondation de l’État au cœur de leur discours politique, de nombreuses voix continuent de s’interroger sur l’exemplarité des gouvernants actuels et sur les résultats concrets obtenus dans ce domaine, du moment où le régime militaire actuel est aussi secoué par des scandales financiers sans cesse.
Des poursuites saluées, mais des interrogations persistantes
Des observateurs estiment que les poursuites engagées contre d’anciens dignitaires auraient pu constituer un signal fort dans la lutte contre l’impunité, à condition que les actuels tenants du pouvoir fassent preuve d’exemplarité.
D’autres, en revanche, considèrent que les pratiques de corruption, les soupçons de blanchiment d’argent et les détournements présumés de fonds publics demeurent plus que jamais une préoccupation majeure dans la gestion des affaires publiques.
Les critiques visant la gouvernance actuelle
Ces critiques pointent notamment du doigt la récurrence des scandales financiers de ces quatre dernières années, des marchés attribués de gré à gré et les allégations de mauvaise gouvernance financière qui continuent d’alimenter le débat public sous le régime du général Mamadi Doumbouya.
Pour certains analystes, la crédibilité de la lutte contre la corruption repose avant tout sur son caractère impartial et sur son application à tous les niveaux de responsabilité, sans distinction. Et pourtant, tel n’est pas le cas aujourd’hui. La poursuite des cadres influents du CNRD impliqués dans des cas présumés de corruption reste à ce stade sélective.
Un scepticisme grandissant dans l’opinion publique
Dans l’opinion publique, certains citoyens expriment ainsi leur scepticisme, estimant que les procédures judiciaires en cours ne suffiront pas à elles seules à enrayer les crimes économiques et financiers si elles ne s’accompagnent pas de réformes profondes en matière de gouvernance, de transparence et de contrôle des dépenses publiques.
La lutte contre la corruption est une impérieuse nécessité, dans un contexte où les attentes de la population en matière de bonne gouvernance et de reddition des comptes demeurent particulièrement élevées.
