Mort de Mamadou Madiou Bah en Guinée: le visage d’un pouvoir sans limites. 

Par Aissatou Chérif Baldé

L’emprisonnement puis la mort de l’adolescent Mamadou Madiou Bah à la maison d’arrêt de Kindia, après des accusations de fraude au baccalauréat 2026, constituent bien plus qu’un fait divers tragique. Cette affaire expose, selon ses critiques, la dérive d’un pouvoir qui s’affranchit du droit, banalise l’arbitraire et transforme les institutions censées protéger les citoyens en instruments de répression.

Nous avons appris avec stupeur la disparition tragique de Mamadou Madiou Bah dans la maison d’arrêt de Kindia, où il était détenu pour des faits présumés de fraude lors des examens du baccalauréat 2026.

Pourtant, aucune disposition légale en Guinée n’autorise l’emprisonnement d’un jeune adolescent pour tricherie pendant des examens scolaires.

Avec l’incarcération de Mamadou Madiou Bah, suivie de sa mort tragique en détention malgré les alertes des médecins sur son état de santé, la junte militaire guinéenne, à travers le ministre de l’Éducation nationale Alpha Bacar Barry et le ministre de la Justice Ibrahima Sory II Tounkara, nous enseigne une réalité brutale : sous ce régime, les lois, la Constitution, les libertés et les droits humains sont faits pour être piétinés et violés.

Cette situation éclaire les atteintes croissantes aux droits et aux libertés. Un pouvoir exercé par la peur et la terreur n’est plus entre les mains du peuple. Il se retrouve entre celles des pillards et des serviteurs zélés du pouvoir militaire françafricain, parmi lesquels Alpha Bacar Barry et Ibrahima Sory II Tounkara occupent aujourd’hui une place centrale.

La disparition tragique de l’adolescent Mamadou Madiou Bah révèle au monde ce que ses opposants considèrent comme le caractère méprisant, hideux et monstrueux du pouvoir militaire françafricain guinéen.

C’est pourquoi il n’y aura sans doute jamais de justice pour Mamadou Madiou Bah, comme pour tant d’autres dans ce pays que ses détracteurs décrivent comme fondé sur la kakistocratie et la violence d’État.

Pour les mêmes raisons, aucune conséquence ne semble devoir atteindre Alpha Bacar Barry, ministre en charge de ce qui est dénoncé comme la criminalisation de l’éducation nationale, ni Ibrahima Sory II Tounkara, ministre d’une justice jugée injuste.

Car, à leurs yeux, la vie de Mamadou Madiou Bah ne valait pas plus que le pet d’un lapin.

Pourtant, il n’a jamais demandé la permission de naître, de vivre et de mourir dans un pays décrit comme hideux, un pays où la justice et l’égalité semblent absentes, un pays où les enfants des bourreaux d’hier deviennent les sommités d’aujourd’hui.

Jour après jour, le pouvoir militaire françafricain guinéen travaille à donner l’image d’un État oppresseur, déshumanisant son propre peuple.

Cependant, vous apprendrez bientôt à vos dépens qu’en tant que oppresseurs, le repos et le sommeil ne seront jamais véritablement pour vous. Malgré tous vos efforts, vous n’en jouirez pas.

Car nous, enfants de la liberté, préférons la pauvreté à la servitude et à l’oppression. Nous resterons debout aussi longtemps que nécessaire, à l’écart de cette oppressive nécessité que vous cherchez à imposer.

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