Ousmane Gaoual Diallo, symbole d’une dérive politique et sociale en Guinée.

Depuis septembre 2021, Ousmane Gaoual Diallo s’est imposé comme une figure incontournable du paysage politique guinéen. Pour ses détracteurs, son ascension ne s’explique ni par ses qualités intellectuelles ni par sa vision politique, mais par sa capacité à incarner et à exploiter les travers les plus préoccupants d’une société en crise. Son parcours soulève ainsi des interrogations plus larges sur l’état de la démocratie, du débat public et du pouvoir en Guinée.

Par Aissatou Chérif Baldé

Si des personnages comme Ousmane Gaoual Diallo existent aujourd’hui en Guinée comme phénomène social et historique, c’est qu’ils répondent à une réalité profonde du pays. Malgré ce que beaucoup considèrent comme leur vacuité, leur brutalité verbale, leur vulgarité ou leur discours haineux, ces acteurs ne sont pas parvenus au sommet de l’État en dépit de leurs insuffisances intellectuelles et morales, mais précisément grâce à elles.

Leur force réside dans cette négativité qui continue de séduire une partie de l’opinion.

Respect des puissants, mépris des plus faibles, fascination pour l’argent, goût de l’inégalité, de l’injustice et de la domination, besoin permanent de confrontation, désignation de boucs émissaires dans la société civile, les syndicats, les partis politiques ou encore certaines régions du pays : autant de dérives qui nourrissent leur discours. À cela s’ajoutent un narcissisme exacerbé et une mise en scène permanente de contre-vérités assumées.

Ces dérives ne résument certes pas l’ensemble de la société guinéenne. Elles en représentent toutefois la face la plus sombre, révélatrice d’une crise profonde et d’une angoisse collective dont le peuple guinéen demeure la principale victime.

L’arrogance de certains serviteurs du pouvoir, parmi lesquels Ousmane Gaoual Diallo qui occupe une place particulière, illustre cette situation. Pour ses critiques, il n’aurait jamais dû accéder à des fonctions de responsabilité. Pourtant, il utilise aujourd’hui l’autorité que lui confère sa position pour traiter une large partie de ses concitoyens avec condescendance, souvent par l’intermédiaire de relais actifs sur les réseaux sociaux.

Mais ceux qui s’opposent à cette vision estiment qu’il leur sera impossible d’étouffer durablement les aspirations démocratiques du peuple guinéen.

Selon eux, la démocratie est progressivement dévoyée jusqu’à devenir synonyme de tyrannie, d’asservissement, de coup d’État, de rébellion, d’ethnocentrisme politique, de corruption, de démagogie et de déshumanisation.

Ces soutiens d’un système contesté, souvent présentés comme les protégés d’une communauté internationale jugée complaisante, ne peuvent continuer, selon leurs opposants, à exposer le peuple à la violence au seul bénéfice d’un projet de présidence à vie destiné à préserver les intérêts d’un clan.

Le recours à la répression contre les voix dissidentes, les arrestations, les enlèvements, les violences et les intimidations est perçu comme une constante. Pour les critiques du régime, les événements ayant entouré le processus électoral du 28 décembre 2025 ont mis en lumière une volonté de confiscation du pouvoir longtemps dissimulée, révélant à quel point l’ordre institutionnel se trouve inversé dans un État considéré comme défaillant.

Cette situation n’étonne guère ceux qui dénoncent régulièrement les choix et les décisions des autorités. À leurs yeux, chaque prise de parole, chaque action et chaque orientation politique témoignent d’une hostilité persistante envers une partie des citoyens guinéens.

Ousmane Gaoual, un orgueilleux atteint de la maladie du pouvoir

Pour ses détracteurs, Ousmane Gaoual Diallo incarne parfaitement la figure du transhumant politique. Ils le décrivent comme un va-t-en-guerre, animé par l’orgueil et profondément marqué par ce qu’ils considèrent comme la maladie du pouvoir.

C’est dans cette logique qu’il serait accusé de s’entourer de militants chargés d’injurier, d’humilier, de diffamer, de dénigrer ou de menacer sur les réseaux sociaux toutes les personnes opposées à l’exercice actuel du pouvoir.

En fidèle serviteur du régime, affirment ses adversaires, il mobilise les plus démunis pour défendre ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire.

Autour de lui se serait progressivement développé ce que certains décrivent comme un « syndrome du larbin », un phénomène qui toucherait désormais l’ensemble des couches sociales, les formations politiques et de nombreuses catégories socioprofessionnelles.

Les réseaux sociaux constituent aujourd’hui le terrain d’expression privilégié de ces militants. Pour leurs détracteurs, ces acteurs, incapables de soutenir un débat contradictoire dans le respect et la confrontation directe des idées, privilégient l’insulte, la menace et la diffamation.

C’est pourquoi, selon cette analyse, ils sont régulièrement mobilisés pour mener des campagnes de harcèlement numérique contre toutes les voix critiques du pouvoir, notamment celle de la journaliste Mme Baldé Aissatou Chérif, de l’opposant politique Cellou Dalein Diallo ou encore celle du président Alpha Condé.

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