Allemagne:Angela Merkel alerte sur l’emprise croissante de l’AfD dans le débat public.

À quelques jours des élections régionales en Saxe-Anhalt, Angela Merkel appelle à défendre les valeurs démocratiques face à la montée de l’AfD. L’ancienne chancelière estime que l’extrême droite a réussi à imposer ses thèmes dans le débat public, au point d’éclipser les propositions des partis traditionnels.

Par Aissatou Chérif Baldé 

À une semaine des élections régionales en Saxe-Anhalt, où le parti d’extrême droite AfD arrive en tête dans les sondages et dispose de fortes chances d’obtenir la majorité absolue, Angela Merkel prend publiquement position en faveur de la démocratie. L’ancienne chancelière, qui avait ouvert les portes de l’Allemagne à des milliers de réfugiés syriens en 2015, a lancé cet appel lors d’une rencontre organisée aux Berliner Festspiele de Berlin.

Devant le public, elle a estimé qu’il fallait aujourd’hui retrouver le courage de défendre ouvertement les valeurs démocratiques et rappeler que la démocratie constitue un cadre de vie auquel il faut impérativement adhérer.

Évoquant l’ascension fulgurante de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), dirigée par Alice Weidel, et dont le discours est régulièrement associé à la xénophobie, à l’islamophobie, à la négrophobie ainsi qu’à une hostilité marquée à l’immigration, Angela Merkel a souligné que l’extrême droite ne saurait être considérée comme un phénomène propre aux seuls Länder de l’Est. Si ces régions enregistrent effectivement les meilleurs résultats électoraux de l’AfD, celle-ci constitue désormais, selon l’ancienne dirigeante, une réalité politique présente dans l’ensemble du pays.

Mme Merkel estime surtout que l’AfD est devenue, en partie grâce aux partis politiques établis, une force capable d’imposer ses thèmes au cœur du débat public. Cette omniprésence a, d’après elle, relégué au second plan les projets et les orientations défendus par les autres formations politiques.

Face à ce que certains observateurs qualifient de normalisation de l’extrême droite par les démocrates-chrétiens de la CDU/CSU dirigés par Friedrich Merz, le racisme, le fascisme et la haine de l’autre tendent, selon les critiques de cette évolution, à s’installer progressivement dans le paysage politique et social allemand.

Aujourd’hui, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) est représentée dans la quasi-totalité des 16 parlements régionaux du pays ainsi qu’au Bundestag, le Parlement fédéral allemand.

Le parti occupe désormais une place centrale dans de nombreux débats de société. Pour ses détracteurs, cette progression s’accompagne d’une montée du racisme institutionnel et structurel, dont les conséquences se font particulièrement sentir parmi les populations étrangères vivant en Allemagne.

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