Par Aïssatou Chérif Baldé
Portée par la crise des partis traditionnels et l’impopularité du gouvernement de Friedrich Merz, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) atteint des niveaux inédits dans les sondages. Une progression qui alimente les inquiétudes sur la place croissante de l’extrême droite dans la société allemande.
Depuis plusieurs mois, l’extrême droite allemande, incarnée par le parti politique Alternative pour l’Allemagne (AfD), connaît une progression historique dans les enquêtes d’opinion. Elle s’impose désormais en tête des intentions de vote au niveau national avec environ 27 % à 28 % des suffrages. Cette dynamique reflète la crise des partis traditionnels et l’impopularité du gouvernement du chancelier Friedrich Merz.
Cette montée de l’extrême droite est aussi attribuée à sa normalisation par les démocrates-chrétiens (CDU/CSU) de Friedrich Merz. C’est d’ailleurs pour cette raison que de nombreux Allemands étaient descendus dans les rues l’an dernier pour dire non au racisme, au fascisme et à la haine de l’autre.
Depuis, l’extrême droite enregistre des avancées remarquables dans la plupart des seize Länder allemands. Dans les sondages, elle est créditée de plus de 20 % des intentions de vote, soit deux fois plus qu’au précédent scrutin fédéral de 2021.
Longtemps, on a considéré que les percées électorales de l’extrême droite se limitaient principalement aux régions issues de l’ancienne Allemagne de l’Est après la réunification. Cette situation ne semble plus être d’actualité.
Réunie au sein de l’AfD, l’extrême droite est aujourd’hui représentée dans presque tous les seize parlements régionaux ainsi qu’au Bundestag. Elle occupe désormais une place importante dans plusieurs sphères de la société allemande, ce qui nourrit les débats sur la montée du racisme institutionnel et structurel ainsi que sur ses conséquences pour les étrangers vivant en Allemagne.
À l’allure où vont les choses, et compte tenu de l’impopularité du chancelier Friedrich Merz, l’hypothèse de nouvelles élections anticipées n’est pas totalement écartée. Certains observateurs s’interrogent déjà sur la possibilité de voir, pour la première fois depuis la fin du régime nazi, une chancelière issue d’un parti d’extrême droite prendre à la tête du gouvernement allemand.
