Par décret présidentiel, Aboubacar Sidiki Camara, dit « Idi Amin », quitte le ministère de la Défense nationale pour être nommé ambassadeur de la Guinée en France. Cette décision, qui éloigne l’un des principaux piliers du pouvoir militaire du centre névralgique du CNRD, intervient dans un contexte marqué par des rumeurs persistantes de tensions avec le chef de la junte militaire, Mamadi Doumbouya.
Un important mouvement diplomatique vient de marquer l’actualité politique guinéenne ce soir du mardi 02 juin 2026. Aboubacar Sidiki Camara, plus connu sous le surnom d’« Idi Amin » et jusqu’ici ministre de la Défense nationale, a été nommé ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée auprès de la République française.
Dans le même décret, Bachir Diallo, ancien ministre de la Protection civile et de la Sécurité, a été désigné ambassadeur extraordinaire et plénipotentiaire de la République de Guinée auprès de la République de Côte d’Ivoire.
La nomination d’Aboubacar Sidiki Camara à Paris retient particulièrement l’attention. Considéré comme l’un des hommes forts du régime militaire et un pilier du pouvoir militaire conduit par le Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD), son départ du ministère de la Défense l’éloigne du cœur du pouvoir exécutif.
Cette décision intervient alors que plusieurs informations faisaient état, depuis des mois, d’un malaise grandissant entre le chef de la junte, le général Mamadi Doumbouya, et son ancien proche collaborateur. Des sources évoquaient notamment des divergences et une relation devenue plus distante entre les deux hommes.
Pour de nombreux observateurs, cette nomination diplomatique apparaît ainsi comme un signal fort et pourrait être interprétée comme la confirmation des tensions présumées qui entouraient les relations entre Mamadi Doumbouya et Aboubacar Sidiki Camara.
Si les autorités n’ont officiellement fait aucun commentaire sur ces spéculations, ce redéploiement au sein de l’appareil d’État alimente déjà les débats sur les équilibres internes du pouvoir de transition et sur les futures recompositions au sommet de l’État guinéen.
