Le chef de l’État sénégalais prend les rênes de l’organisation ouest-africaine avec pour priorités la sécurité régionale, l’intégration économique et le renforcement institutionnel.
Les chefs d’État et de gouvernement de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont porté leur choix sur le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye pour assurer la présidence en exercice de l’organisation régionale. La décision a été annoncée à l’issue de la 69e Session ordinaire de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement.
Cette désignation intervient dans un contexte marqué par des défis majeurs pour l’espace communautaire, notamment la montée de l’insécurité dans plusieurs pays de la région, les enjeux de gouvernance et la nécessité de consolider les mécanismes d’intégration économique.
Une feuille de route axée sur la sécurité et la coopération régionale
Dans son adresse aux dirigeants ouest-africains, Bassirou Diomaye Faye a dressé un état des lieux des principaux défis auxquels fait face la CEDEAO. Il a reconnu la résilience économique de la région tout en soulignant les vulnérabilités persistantes qui freinent son développement.
Le président sénégalais a plaidé pour une accélération de l’opérationnalisation de la force régionale de lutte contre le terrorisme, considérée comme un instrument essentiel pour répondre à la dégradation de la situation sécuritaire dans certaines zones du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest.
Il a également appelé à une meilleure mutualisation des moyens entre les États membres, à un renforcement de l’autonomie financière de l’organisation ainsi qu’à une protection accrue des populations touchées par les conflits et les crises humanitaires.
Préserver l’héritage de la CEDEAO
En prenant la tête de l’institution régionale, Bassirou Diomaye Faye hérite d’une organisation qui célèbre cette année cinq décennies d’existence. Créée en 1975, la CEDEAO s’est imposée comme l’un des principaux cadres de coopération politique et économique du continent africain.
Le nouveau président en exercice a salué cet héritage construit autour de la solidarité entre les peuples ouest-africains, tout en estimant que l’organisation doit poursuivre son adaptation aux réalités contemporaines.
« Nous devons renforcer notre capacité collective à répondre aux défis sécuritaires, économiques et institutionnels afin de préserver les acquis de l’intégration régionale », a-t-il indiqué devant ses homologues.
Une ambition pour une Afrique de l’Ouest plus forte
Au-delà des questions sécuritaires, le président sénégalais a mis l’accent sur la souveraineté politique et économique des États membres ainsi que sur la nécessité de renforcer la voix de l’Afrique de l’Ouest dans les débats internationaux.
Son mandat s’ouvre dans une période décisive pour la CEDEAO, confrontée à des recompositions géopolitiques et à des attentes croissantes des populations en matière de sécurité, de stabilité et de développement.
Avec cette présidence, le Sénégal entend jouer un rôle moteur dans la consolidation de l’intégration régionale et dans la recherche de solutions concertées aux défis qui traversent l’Afrique de l’Ouest.
