Par Aïssatou Chérif Baldé
La publication de la nouvelle équipe gouvernementale guinéenne, le 27 juillet 2026, confirme selon l’auteure la volonté du CNRD de poursuivre la même orientation politique engagée depuis le coup d’État du 5 septembre 2021. Entre reconduction des principaux ministres sortants, absence de rupture institutionnelle et déficit de notoriété de plusieurs membres du gouvernement, ce réajustement ministériel apparaît comme le prolongement d’un système dont les résultats continuent d’être contestés.
Le changement dans la continuité signifie demander à un chauffeur de bus de conduire tout droit sans tourner à gauche.
La liste de la nouvelle équipe gouvernementale souffrant d’un déficit de notoriété, rendue publique hier lundi 26 juillet 2026 n’est rien d’autre qu’un changement dans la continuité.
Les rumeurs et supputations qui faisaient état de la reconduite d’une grande majorité de l’ancienne équipe gouvernementale se sont confirmées.
Car à la surprise générale de ceux qui ont naïvement cru à la volonté de la junte militaire d’offrir au peuple de Guinée, une nouvelle équipe capable de répondre aux attentes du peuple, de stabiliser le pays avec des institutions fortes et indépendantes sont restés sur leur faim.
Le CNRD à travers cette nouvelle équipe gouvernementale a plutôt opté pour le changement dans la continuité.
La junte militaire guinéenne a tout simplement reconduit la plupart des ministres sortants, influents mais surtout corrompus, médiocres, népotistes, affairistes. Or la grande majorité de ces ministres sont incontestablement des personnalités clivantes, médiocres sans résultats.
On voit aussi que la nomination d’un Premier ministre, chef du gouvernement n’est que du dilatoire, de la distraction. Et sa voix ne pèse vraiment pas.
Le triomphe de l’inefficacité
Nous faisons face à un réajustement sans débauchage et ni grande surprise des putschistes qui ne cherchent plus à inscrire leur volonté de changement dans une logique de continuité et de stabilité.
La junte militaire guinéenne a perdu les repères, elle n’a ni l’audace ni le courage de se ressourcer du discours du 5 septembre 2021, car tout n’était qu’un faux-semblant.
Au centre de ce jeu sinistre se trouve Mamadi Doumbouya, soutenu par la communauté internationale, ce prétendu libérateur, porteur d’espoir qui a trahi son discours du 5 septembre 21.
Et l’ancien légionnaire français et son clan imposent des vérités dogmatiques, la pensée unique, la dictature dissimulée du prêt-à-penser aux guinéens et encouragent ainsi tous les médiocres, imposteurs de la République à porter le costume d’agents opportunistes d’une nouvelle caste de jouisseurs.
Ce réajustement demeure sans surprise le triomphe du camp de la médiocrité, du clanisme, de l’imposture, de l’inefficacité.
C’est donc une déception pour ceux qui aspirent à voir ce pays ayant perdu son cap démocratique revenir vers une certaine normalité, un certain degré de « fonctionnement ».
Et l’ancien légionnaire français et son clan imposent des vérités dogmatiques, la pensée unique, la dictature dissimulée du prêt-à-penser aux guinéens et encouragent ainsi tous les médiocres, imposteurs de la République à porter le costume d’agents opportunistes d’une nouvelle caste de jouisseurs.
Ce réajustement demeure sans surprise le triomphe du camp de la médiocrité, du clanisme, de l’imposture, de l’inefficacité.
C’est donc une déception pour ceux qui aspirent à voir ce pays ayant perdu son cap démocratique revenir vers une certaine normalité, un certain degré de « fonctionnement ».
Une équipe ministérielle sans perspective de rupture
Déjà chaque lueur d’espoir brouille les perceptions dans un pays où depuis plusieurs années des événements « au ralenti » se déroulent à une vitesse presque imperceptible pour le citoyen conscient : le passage d’une démocratie (imparfaite) et d’un État moyennement fonctionnel à un système autoritaire dans le contexte d’un État fragile.
La junte a refusé donc un remaniement en profondeur qui privilégie la rupture, c’est-à-dire en refusant d’accepter dans le contexte actuel de fragilité institutionnelle du pays l’option la plus réaliste et moins violente, en continuant donc de renoncer aux aspirations démocratiques et à la liberté pour trouver un socle commun pour construire une sortie viable à la crise actuelle.
La mort carcérale de Mamadou Diouma Bah la semaine dernière, sans qu’une enquête ne soit ouverte afin d’élucider les circonstances de la mort de l’adolescent confirme cet état de fait.
Derrière le remaniement se cachent des luttes de pouvoir
Et avec ce réajustement, les choses sont en effet très claires.
Car derrière ce remaniement partiel se dissimule mieux le déchaînement des luttes factionnelles, qui parasitent non seulement les institutions politiques mais aussi les administrations publiques, les syndicats, les organisations de la société civile, les entreprises du pays.
C’est donc un problème de société amplifié par une médiocrité collective.
Il n’est pas donc étonnant que la Guinée ait pu en une année basculé d’un coup d’État militaire soutenu par les guinéens vers un autre régime autoritaire sans onction populaire mais fort du soutien de la presque totalité de tous les pilleurs, imposteurs et profiteurs d’occasions qui ont d’importantes implications sur les stratégies nécessaires pour freiner la démocratisation, l’unité et inverser la tendance.
Et ce coup d’État militaire devenu depuis un tas de coups, ses auteurs vont sans doute s’activer à faire triompher la fatalité au sein de la société guinéenne, pour ainsi faire triompher leur luxe et privilège sur le peuple de Guinée qu’ils ont rendu pauvre, inassouvis, arriéré, impuissant, malade.
Le déficit de notoriété comme symptôme du système
Pourtant un ministre ne doit pas être inamovible. Car il a pour vocation d’obtenir des résultats.
Mais les ministres de Mamadi Doumbouya, dont certains n’ont même pas le baccalauréat au-delà de leurs personnalités, aucun n’est identifié à une réforme et encore moins à des résultats.
Mais ils commettent depuis 5 ans des fautes et des sottises nuisibles au public, sans être inquiétés, car ce qui compte dans ce contexte c’est leur loyauté au chef de la junte Mamadi Doumbouya.
Sans baccalauréat, sans expérience professionnelle, sans moralité et patriotisme, ils souffrent tous d’un déficit de notoriété.
Ce déficit de notoriété de l’équipe ministérielle est un problème structurel du système Doumbouya, qui repose encore quasi exclusivement sur la personne du chef de l’État, le seul responsable de ce cul-de-sac actuel.
