Guinée : nouvelles accusations d’enlèvements visant des proches de l’ancien ministre Tibou Kamara.

En Guinée, la tension politique reste vive. Selon plusieurs sources concordantes, la mère et la sœur de Tibou Kamara, ancien ministre du président Alpha Condé, ainsi que la belle-mère du journaliste Habib Marouane Camara— porté disparu depuis un an — auraient été enlevées à leur domicile dans la soirée du 3 mars 2026 par des individus encagoulés.

Ces informations, qui circulent largement sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile, n’ont pas encore fait l’objet d’une communication officielle détaillée de la part des autorités de la transition militaire. Les circonstances exactes de ces enlèvements présumés demeurent, à ce stade, non élucidées.

Un climat politique et social sous haute tension

Depuis l’arrivée au pouvoir de la junte militaire à Conakry, le pays traverse une période marquée par des crispations politiques, des accusations d’atteinte aux libertés fondamentales.

Des voix issues de la société civile, de l’opposition dénoncent une gouvernance qu’elles jugent autoritaire, évoquant des pratiques d’intimidation, des arrestations arbitraires et un usage excessif de la force lors de rassemblements publics. Les récents enlèvements signalés, s’ils sont confirmés, renforceraient ces inquiétudes.

Les critiques estiment que le droit de manifester, la liberté d’expression, le droit à la vie et au développement constituent des principes à valeur universelle, garantis par les conventions internationales auxquelles la Guinée est signataire. Elles rappellent également que le recours à la force par les forces de sécurité doit demeurer proportionné, nécessaire et strictement encadré par la loi.

Accusations d’usage disproportionné de la force

Plusieurs organisations et acteurs politiques accusent les forces de l’ordre d’avoir, ces dernières années , fait un usage excessif de la force lors d’opérations de maintien de l’ordre, entraînant des pertes humaines. Ils soutiennent que l’intervention des forces de sécurité ne devrait intervenir qu’en dernier recours et cibler uniquement les individus impliqués dans des actes violents, afin d’éviter que des personnes pacifiques ne soient touchées.

Les autorités, pour leur part, affirment régulièrement agir dans le cadre de la loi et invoquent la nécessité de préserver l’ordre public dans un contexte de crises économiques, sociales et politiques persistantes.

Appels à la justice et à l’apaisement

Au-delà des clivages politiques, ces événements ravivent un sentiment de lassitude et d’exaspération au sein d’une grande partie de la population, qui appelle à plus de justice, de transparence et de respect des droits fondamentaux.

Des appels sont lancés en faveur d’enquêtes indépendantes pour faire toute la lumière sur les disparitions signalées et sur les décès survenus lors de manifestations. Les familles des victimes et les défenseurs des droits humains réclament vérité, responsabilité et réparation.

Mais la junte militaire guinéenne pilotée par Mamadi Doumbouya et fidèle à son pouvoir excessif et de démesure, joue à la sourde oreille. 

Dans un pays confronté à de profondes fractures, nombreux sont ceux qui espèrent un retour au dialogue et à l’apaisement, pour mettre un terme au chaos et la terreur que le régime militaire est en train de nous imposer depuis quatre ans. 

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