Par Alpha Issagha Diallo
Entre repositionnements successifs et accélérations stratégiques, Lamarana Petty Diallo et Joachim Baba Millimono illustrent deux styles politiques distincts qui convergent pourtant vers une même impasse : l’absence de stabilité et de construction durable.
Le premier se déplace avec méthode et le second accélère sans détour. Deux styles, une même issue. Ils ont eu un nom, une base, une légitimité. Un capital politique construit à l’UFDG, patiemment accumulé, solidement installé et immédiatement converti en tremplin personnel.
Au lieu de consolider ou approfondir, ils ont choisi d’exploiter, dans le laboratoire des recompositions, le CERAG. Ce n’était pas un mouvement mais plutôt un immeuble à étages : CERAG – CERAG UFDG – CERAG CNRD – Réformateurs UFDG – Les Réformateurs (LR). Une architecture mouvante, ajustée au gré des intérêts et reconfigurée au rythme des opportunités où chaque étage correspond à une nouvelle tentative d’adaptation au rapport de force du moment.
Mais comme toutes les constructions sans fondation, l’ensemble a fini par s’effondrer de lui-même. Finalement, en lieu et place d’une évolution, on assiste à une combustion lente. La structure ne s’effondre pas sous pression extérieure, elle s’auto-consume. Et après les cendres, chacun révèle son instinct.
Lamarana Petty Diallo choisit le zigzag méthodique. De l’UDRG en phase de décomposition vers la GMD. Un déplacement réfléchi, presque théorisé, où chaque virage se veut stratégique mais où aucune direction ne tient. Joachim Baba Millimono, lui, opte pour le sprint opportuniste. De la GMD proclamée au FIDEL adopté. Avec lui, il n’y a pas de détour. Il court vers la prochaine position disponible.
Lamarana Petty Diallo qui appelait Ousmane Gaoual Diallo “LE PARRAIN”, un mot engageait, liait et révélait qui, tout à coup, devient un poids, une étape à effacer, un passé à corriger. Nouvelle direction : Bah Oury, devenu Premier ministre, qui incarne le pouvoir du moment et qui représente l’atterrissage le plus rentable sur le tarmac de Mamadi Doumbouya. Le mécanisme est limpide, changer d’axe, ajuster, se repositionner, encore et toujours. Mais à force de recalculer on finit hors trajectoire. Et là, la suite est mécanique : Recalé et écarté, sans prise.
En réalité, ce qui est présenté comme une surprise n’en est pas une. C’est la conséquence directe d’un parcours sans ancrage. Ils ont circulé sans s’installer, parlé sans incarner et changé sans construire. L’un a perfectionné le mouvement et l’autre a accéléré la projection, mais aucun n’a stabilisé une position.
Bref, Zigzag méthodique vs Sprint opportuniste, match nul et élimination directe.
