Lors d’une intervention accordée à la radio Sahel d’Afrique, la responsable politique guinéenne Aïssatou Chérif Baldé a exprimé ses préoccupations concernant l’évolution de la transition en Guinée. Elle met en garde contre la concentration des pouvoirs, appelle à une plus grande implication de la diaspora et plaide pour une participation accrue des femmes dans les instances de décision.
La question de l’avenir démocratique de la Guinée demeure au cœur des débats alors que le pays poursuit sa transition politique. Invitée de la radio Sahel d’Afrique, Aïssatou Chérif Baldé a livré une analyse critique de la situation actuelle, estimant que la consolidation de l’État de droit nécessite des institutions fortes, indépendantes et capables de garantir l’équilibre des pouvoirs.
Au cours de cet entretien, elle a insisté sur la nécessité de préserver les principes démocratiques et de renforcer les mécanismes de contrôle institutionnel. Selon elle, la gouvernance publique doit s’appuyer sur la séparation des pouvoirs et le respect des institutions républicaines.
« Gouverner n’est pas posséder l’État et contrôler tous les leviers de l’État », a-t-elle déclaré, soulignant l’importance d’une justice indépendante et de contre-pouvoirs efficaces pour assurer la stabilité politique et la confiance des citoyens.
La diaspora guinéenne, un acteur stratégique du développement
Installée en Allemagne, où elle mène ses activités politiques et associatives, Aïssatou Chérif Baldé estime que la diaspora guinéenne constitue une ressource essentielle pour l’avenir du pays. Elle regrette toutefois que les Guinéens établis à l’étranger soient souvent sollicités principalement pour leurs transferts financiers ou leur contribution à l’image du pays.
Pour elle, la diaspora doit être pleinement associée aux réflexions stratégiques, aux réformes institutionnelles et aux politiques publiques. Son expertise, son expérience internationale et son engagement citoyen peuvent contribuer à la modernisation de la gouvernance et au renforcement de la démocratie guinéenne.
Une plus grande place pour les femmes dans la vie politique
Elle a également plaidé pour une meilleure représentation des femmes dans les sphères de décision. Elle considère que les avancées démocratiques ne pourront être durables sans une participation effective des femmes aux responsabilités politiques et institutionnelles.
Évoquant les figures historiques de M’Balia Camara et Mafory Bangoura, elle a rappelé le rôle déterminant joué par les femmes dans l’histoire politique de la Guinée. Elle appelle les partis politiques et les institutions à dépasser les approches symboliques pour favoriser un véritable accès des femmes aux postes de responsabilité.
Rompre avec la personnalisation du pouvoir
Aïssatou Chérif Baldé estime que la Guinée doit tourner la page des cycles politiques fondés sur les hommes plutôt que sur les institutions. Selon elle, l’alternance démocratique ne peut être réduite au simple remplacement d’un dirigeant par un autre.
Elle défend la construction d’institutions solides, transparentes et durables, capables de garantir les libertés publiques, la participation citoyenne et la stabilité politique sur le long terme.
Un message adressé à la communauté internationale
Dans son intervention, la responsable politique a également lancé un appel à la communauté internationale. Elle rappelle que la stabilité d’un pays ne peut être durable lorsqu’elle repose sur la peur, la restriction des libertés ou l’affaiblissement des contre-pouvoirs démocratiques.
Pour elle, l’accompagnement de la transition guinéenne doit s’inscrire dans une logique de soutien aux institutions, au dialogue politique et au respect des principes démocratiques.
Audio de l’interview
L’intégralité de l’entretien accordé par Aïssatou Chérif Baldé à la radio Sahel d’Afrique est disponible en audio ci-joint. Les auditeurs et lecteurs d’African Panorama pourront y découvrir l’ensemble de ses analyses sur la transition politique en Guinée, le rôle de la diaspora, la participation des femmes à la vie publique ainsi que les enjeux liés au renforcement de l’État de droit et des institutions démocratiques.
Écoutez l’interview complète en audio ci-dessous.
