Par Aïssatou Chérif Baldé
La Russie s’apprête à signer un mémorandum de coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment dans le domaine de la sécurité. L’annonce a été faite par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d’une conférence de presse à Moscou avec son homologue ghanéen, dans un contexte marqué par la montée des défis sécuritaires au Sahel.
Russie et CEDEAO bientôt liées par un accord sécuritaire
Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a annoncé lundi 17 août 2026 que la Russie s’apprêtait à signer prochainement un mémorandum de coopération avec la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), notamment dans le domaine de la sécurité.
Après l’Alliance des États du Sahel (AES), c’est donc au tour de l’organisation sous-régionale ouest-africaine de renforcer sa coopération avec Moscou afin de faire face aux enjeux et défis majeurs liés à la sécurité dans une région confrontée depuis plusieurs années à un terrorisme violent.
S’exprimant lors d’une conférence de presse conjointe avec son homologue ghanéen, Samuel Okudzeto Ablakwa, à Moscou, Sergueï Lavrov a indiqué que les discussions avaient également porté sur le renforcement du partenariat entre la Russie, l’Afrique et l’Union africaine.
Le chef de la diplomatie russe a notamment déclaré que le troisième Sommet Russie-Afrique, prévu à Moscou à la fin du mois d’octobre, constituera « une étape importante dans le développement de notre partenariat stratégique avec l’Union africaine ». Il a également salué la confirmation de la participation du président ghanéen à cette rencontre.
Le Sahel au cœur des préoccupations
Abordant la situation sécuritaire au Sahel, Sergueï Lavrov a affirmé que Moscou était préoccupé par l’implication de ressortissants ukrainiens dans des opérations menées, selon lui, par des groupes armés depuis l’étranger.
De son côté, le ministre ghanéen des Affaires étrangères, Samuel Okudzeto Ablakwa, a insisté sur la nécessité de renforcer les efforts en faveur de la paix et de la sécurité dans la région.
« Aujourd’hui, nous nous sommes engagés à œuvrer pour la paix et la sécurité. Comme vous le savez, la situation au Sahel se complexifie ; cette région est un foyer mondial de terrorisme et d’extrémisme violent », a-t-il déclaré.
Le chef de la diplomatie ghanéenne a indiqué que son pays entendait également renforcer la coopération avec la Russie afin de contribuer aux efforts en faveur de la sécurité au Burkina Faso, au Mali et au Niger.
« Nous avons convenu de coopérer avec la Russie pour aider nos frères et sœurs du Burkina Faso, du Mali et du Niger », a-t-il ajouté.
Une dynamique régionale en pleine évolution
Cette annonce intervient alors que le Ghana cherche à consolider son rôle dans les initiatives régionales de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent. Elle s’inscrit dans un contexte marqué par la persistance des violences armées dans plusieurs pays du Sahel, dont certains partagent des frontières avec le Ghana.
La perspective d’un accord entre la Russie et la CEDEAO pourrait ainsi ouvrir une nouvelle phase de coopération sécuritaire entre Moscou et les institutions régionales ouest-africaines, dans un environnement où les questions de stabilité et de lutte contre le terrorisme demeurent au centre des préoccupations des États de la sous-région.
