Aliou Bah, victime de persécution politique en Guinée. 

Arrêté, condamné et maintenu en détention malgré les recours engagés par ses avocats et les appels à sa libération, Aliou Bah est devenu l’une des figures les plus emblématiques des préoccupations liées aux droits humains et aux libertés publiques en Guinée. Son cas suscite de nombreuses interrogations sur l’état de droit, le pluralisme politique et le respect des engagements internationaux du pays.

Édito de Youssouf Camara 

Aliou Bah, président du parti MODEL, est victime, depuis plus d’un an et huit mois, de ce qui est présenté comme une persécution politique de la part du régime militaire au pouvoir à Conakry.

Interpellé le 26 décembre 2024 alors qu’il se rendait de Sierra Leone vers la Guinée, à la frontière guinéo-sierra-léonaise, Aliou Bah a été arrêté dans des circonstances dénoncées comme une violation de ses droits fondamentaux. Il lui est reproché une prétendue offense au président de la junte militaire.

Jugé et condamné en première instance à deux ans d’emprisonnement, il a fait appel de cette décision par l’intermédiaire de son pool d’avocats. Malgré cette procédure, la condamnation a finalement été confirmée.

Ce jeune homme politique est considéré comme l’un des jeunes acteurs politiques les plus brillants du pays, notamment en raison de ses compétences dans le domaine de l’enseignement universitaire. Il est également membre de plusieurs réseaux de jeunes liés à l’Organisation des Nations unies et a participé à différents panels consacrés à la démocratie, à la gouvernance et à la défense des droits de l’homme.

Par ailleurs, malgré une décision de la Cour de justice de la CEDEAO demandant sa libération depuis plus d’un an, les autorités guinéennes refusent, selon ses proches et ses avocats, de mettre cette décision en application. Cette situation soulève d’importantes questions concernant le respect des décisions de la juridiction communautaire et des engagements internationaux de la Guinée.

Le cas d’Aliou Bah est également perçu par ses soutiens comme un moyen d’intimidation à l’égard d’autres acteurs politiques et militants. Depuis l’arrivée des militaires au pouvoir, plusieurs opposants et activistes politiques ont été contraints à l’exil, tandis que d’autres ont été portés disparus.

Cette situation s’inscrit dans un contexte politique marqué notamment par l’interdiction ou la restriction des manifestations politiques, la fermeture de plusieurs médias critiques à l’égard du pouvoir, ainsi que la dissolution ou la suspension de plusieurs formations politiques et organisations de la société civile.

La récente décision de transférer plusieurs détenus de la Maison centrale de Conakry vers d’autres établissements pénitentiaires, parmi lesquels figurent des prisonniers considérés comme politiques, dont Aliou Bah, suscite également de nombreuses inquiétudes.

Aliou Bah a notamment été transféré à la prison civile de Coyah, établissement dont les conditions de détention sont vivement dénoncées par des défenseurs des droits humains. Cette inquiétude est renforcée par les décès survenus dans le contexte carcéral guinéen, notamment ceux du colonel Claude Pivi et du commandant Aboubacar Toumba Diakité, dont les circonstances ont fait l’objet de nombreuses interrogations.

Malgré les alertes et les dénonciations répétées d’organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme concernant les conditions de détention particulièrement difficiles auxquelles sont confrontés certains détenus politiques, les autorités militaires refusent, selon leurs proches et leurs avocats, de procéder à leur libération.

Le cas d’Aliou Bah demeure ainsi emblématique des préoccupations relatives à l’État de droit, au respect des libertés publiques et à la situation des droits humains en Guinée.

À travers cette affaire, c’est la question du respect du pluralisme politique, de l’indépendance de la justice et de la protection des libertés fondamentales qui se trouve posée. Pour ses soutiens, Aliou Bah incarne une nouvelle génération politique porteuse d’espoir et de renouveau démocratique. Ils considèrent que sa libération constituerait un signal fort en faveur du dialogue politique, de la réconciliation nationale et du respect des droits humains en Guinée.

Libérez Aliou Bah. Il est, pour ses partisans, l’incarnation d’une nouvelle génération politique capable de contribuer au véritable changement démocratique en Guinée.

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