Guinée : quand la promotion du syndrome du larbin au sein de la jeunesse devient une mission gouvernementale.

 

Dans cette chronique au ton incisif, l’auteur dresse un réquisitoire sévère contre la gouvernance guinéenne et dénonce ce qu’il considère comme la valorisation de la médiocrité, du populisme et du conformisme politique. Au cœur de son analyse, le rôle attribué au Général Amara Camara dans la promotion d’une jeunesse davantage encouragée à servir le pouvoir qu’à défendre l’intérêt général.


Chronique signée Aissatou Chérif Baldé

La mission du Général Amara Camara est rendue possible parce que nous sommes en Guinée, ce pays où chaque citoyen dit : mieux vaut hier qu’aujourd’hui. Ce pays où rien n’aboutit, même un simple assainissement de la capitale, Conakry, qui croupit sous les ordures ménagères et les immondices.

La République de Guinée est l’un des rares pays d’Afrique où la construction d’infrastructures sportives homologuées, après 67 ans d’indépendance, apparaît comme une opération plus complexe que le nettoyage de l’anus d’une hyène.

C’est le pays des coups d’État qui se terminent en coups de tas, où chaque transition politique se transforme en désillusion, en trompe-l’œil.

C’est aussi un pays du mensonge, de la démagogie, de la propagande, de médiocres corrompus et corrupteurs, avec une classe dirigeante fausse, divisionniste, sans conviction ni idéal.

C’est surtout un pays où certaines femmes se réclamant du féminisme, dépourvues selon l’auteur de moralité et de bagage intellectuel, pratiquent la politique du ventre avec pour seul objectif de devenir des passoires politiques, de véritables caisses de résonance de tous les pouvoirs jugés ignominieux, ambivalents et irrationnels.

Notre pays a toujours été celui des injustices, de l’oppression et des opprimés, de l’ignominie et de la barbarie, de la haine, de la division et de l’ethnicité.

C’est un pays où pullulent désormais de petits monstres des réseaux sociaux qui croient que l’injure nuit davantage à celui qui en est la cible qu’à celui qui la profère.

C’est surtout le pays où le diplôme n’a plus de valeur, au point où même un rat de cave semble aujourd’hui ministrable ou présidentiable.

Le Général Amara Camara, présenté ici comme le patron des larbins du pays, aurait fait de la promotion de l’idiotie au sein de la jeunesse sa nouvelle mission.

La promotion de l’idiotie de la jeunesse, une mission pour le Général Amara Camara

Selon cette lecture critique, la junte militaire guinéenne, à travers le Général Amara Camara, accorde désormais davantage de valeur aux jeunes qui font la promotion de l’idiotie, de la démagogie, de la fainéantise, de la médiocrité et de l’imposture.

En quête d’un assentiment populaire forgé autour du populisme, de la démagogie, de l’amateurisme et de l’incivisme, elle favoriserait les contre-valeurs et contribuerait à propager le syndrome du larbin au sein de la jeunesse guinéenne.

Or, le syndrome du larbin est défini comme un comportement consistant à prendre systématiquement la défense des catégories les plus valorisées au détriment de celles dont l’on est issu.

Mais ce phénomène toucherait désormais toutes les couches de la société guinéenne, toutes les formations politiques et toutes les catégories socioprofessionnelles.

Les réseaux sociaux constituent le terrain de prédilection de ces petits larbins ou petits monstres qui, par manque de maîtrise de soi, de courage et de savoir, préfèrent l’invective à la confrontation d’idées.

Rien de grave, semble-t-il, aux yeux de ces soldatesques qui ne se soucient guère du devenir de notre pays.

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