Sénégal :Diomaye Faye limoge Ousmane Sonko, le pouvoir sénégalais au bord de la rupture. 

Le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye a mis fin aux fonctions de son Premier ministre Ousmane Sonko, marquant une rupture spectaculaire au sommet de l’État. Cette décision, annoncée après plusieurs mois de tensions entre les deux figures du pouvoir issues du parti PASTEF, ouvre une période d’incertitude politique majeure au Sénégal.

Par Aissatou Chérif Baldé 


Le Sénégal entre dans une nouvelle zone de turbulences politiques. Le président Bassirou Diomaye Faye a officiellement limogé son Premier ministre Ousmane Sonko à travers un décret lu à la télévision nationale par le ministre secrétaire général de la présidence.

Cette décision intervient après plusieurs mois de tensions grandissantes entre les deux hommes, pourtant alliés historiques et symboles de l’alternance politique qui avait suscité un immense espoir au sein de la population sénégalaise au lendemain de l’élection présidentielle.

Au fil des semaines, les divergences supposées entre le chef de l’État et son Premier ministre avaient alimenté les spéculations sur une fracture imminente au sommet de l’exécutif. Le limogeage de Sonko vient désormais confirmer une rupture politique qui pourrait profondément rebattre les cartes du pouvoir.

Quelques heures après son éviction, Ousmane Sonko a réagi avec sobriété mais fermeté.
« Al Hamdoulilah, ce soir je dormirai le cœur léger à la Cité Keur Gorgui », a-t-il déclaré, dans un message largement relayé sur les réseaux sociaux.

Dans la foulée, plusieurs militants du PASTEF se sont rassemblés devant le domicile de l’ancien Premier ministre, signe de l’attachement intact d’une partie de la base militante à celui qui demeure la figure centrale du parti.

Car malgré son départ du gouvernement, Ousmane Sonko conserve une influence politique considérable. Le PASTEF détient en effet une très large majorité à l’Assemblée nationale, avec environ 130 sièges sur 165. Une domination parlementaire qui limite fortement les marges de manœuvre du président Bassirou Diomaye Faye sans le soutien des députés acquis à Sonko.

Cette réalité institutionnelle fait craindre l’ouverture d’une crise politique profonde. Plusieurs observateurs estiment qu’une confrontation entre les deux camps pourrait désormais s’installer durablement, avec le risque d’un blocage des grandes réformes et d’une paralysie des institutions.

L’ironie de la situation n’échappe à personne : c’est précisément 

Ousmane Sonko qui avait porté la candidature de Bassirou Diomaye Faye après son empêchement à se présenter à la présidentielle. Un choix politique que de nombreux militants du PASTEF considèrent encore aujourd’hui comme déterminant dans l’accession de Diomaye Faye au pouvoir.

Désormais, une question domine la scène politique sénégalaise : cette rupture marquera-t-elle une simple recomposition du pouvoir ou le début d’un affrontement politique majeur capable d’ébranler durablement la stabilité du pays ?

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