Guinée/Mariama Ciré Sylla face aux enjeux des finances publiques: compétence, blocage ou crise de gouvernance ?

Aboubacar Tely BARRY 

À la tête du ministère de l’Économie, des Finances et du Budget dans un contexte économique particulièrement sensible, Mariama Ciré Sylla cristallise aujourd’hui interrogations, critiques et inquiétudes. Retards budgétaires, administration paralysée, absence de visibilité financière. Alors que plusieurs observateurs dénoncent une incapacité à exécuter les budgets des ministères depuis le début de l’année, la question se pose avec insistance : la ministre est-elle confrontée à un lourd appareil administratif  ou montre-t-elle les limites de son expérience face à l’ampleur de la tâche ?

La ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla, est-elle confrontée à la dure réalité de la gestion des finances publiques, ou n’est-elle tout simplement pas à la hauteur de la fonction ? A-t-elle les épaules assez solides pour porter le poids du budget de l’État ?

Au-delà de l’émotion et des clivages partisans, quel est son parcours professionnel réel avant d’arriver à ce poste ? 

Qu’on ne me réponde pas simplement : « elle a travaillé pour la Banque mondiale ». 

Car travailler pendant 6, 12 ou 24 mois comme assistante ou représentante d’une institution financière, par ailleurs très critiquée par de nombreux pays, ne constitue pas en soi un gage de compétence ni une justification automatique pour diriger un ministère aussi stratégique et complexe que celui des Finances.

Le constat est inquiétant. Depuis plusieurs mois, selon un article du journaliste Abdoul Latif Diallo, aucun ministère ne disposerait de budget exécutable depuis le début de l’année. Une situation qui alimente les interrogations au sein de l’administration et de l’opinion publique.

Qu’est-ce qui bloque réellement la mise à disposition des budgets pour les ministères et les services publics ? S’agit-il d’incompétence de manque de moyens humains ou d’une absence de vision ?

On ne s’improvise pas à la tête d’un département aussi vital que celui des Finances. C’est un poste où l’apprentissage « sur le tas » n’est pas une option.

Pourtant, le ministère de l’Économie et des Finances regorge de cadres expérimentés. 

Sous Alpha Condé, ces mêmes cadres ont réussi à élaborer et exécuter des budgets malgré les contraintes économiques et administratives. 

Pourquoi ce qui était possible hier ne l’est-il plus aujourd’hui ?

Cette situation soulève désormais une question politique majeure pour le président Mamadi Doumbouya. 

Ainsi trois options semblent se dessiner : démettre Mariama Ciré Sylla de ses fonctions, la repositionner à la tête d’un département ministériel moins sensible, ou scinder à nouveau le ministère de l’Économie et des Finances en deux entités distinctes afin d’améliorer la gestion et la coordination.

Car sans décision rapide, le risque d’enlisement devient réel.

Le spectre d’une austérité budgétaire brutale, accompagné d’un ralentissement voire d’un blocage de l’administration publique, commence à inquiéter de nombreux observateurs.

Au-delà des personnes, c’est désormais la capacité de l’État à assurer la continuité de son fonctionnement qui se retrouve au centre du débat.

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