L’enlèvement de l’enfant de l’activiste Damaro en Guinée: un acte ignoble. 

Par Youssouf Camara

Dans un contexte de tensions politiques croissantes, l’enlèvement d’un adolescent lié à une figure de l’activisme relance les inquiétudes sur une dérive sécuritaire en Guinée. Plusieurs cas similaires, visant des proches d’opposants, alimentent un climat de peur dénoncé à l’échelle internationale.

Dans la nuit du mardi 28 avril 2026, l’enfant de l’activiste Damaro Camara, Mohamed Camara, âgé de 15 ans, a été enlevé en compagnie de son ami Elas Cissé, dans le quartier de Kissosso, situé dans la commune de Ratoma.

Cet enlèvement relance avec inquiétude la question des nouvelles stratégies attribuées aux autorités de la junte au pouvoir. Depuis près d’un an, celles-ci semblent s’attaquer non seulement aux opposants politiques contraints à l’exil, mais également à leurs proches restés sur le territoire national. Une série d’enlèvements ciblés illustre cette dérive préoccupante.

Une liste alarmante de cas similaires

Fin septembre 2025 : Elhadj Adama Keïta, âgé de 75 ans et père du journaliste et activiste Babila Keïta, est kidnappé à N’zérékoré alors qu’il se rendait à la mosquée. Des hommes armés et encagoulés sont pointés du doigt.

16 novembre 2025 : deux enfants d’Élie Kamano, activiste et homme politique, ainsi que son frère et son neveu, sont enlevés à leur domicile de Petit Simbaya.

18 janvier 2026 : Moussa Camara, âgé de 17 ans et fils de Facinet Camara, responsable de l’UFDG dans la fédération de Manéah, est enlevé à Bentourayah.

Ces cas viennent s’ajouter à des dizaines d’enlèvements d’adultes recensés auparavant. Le point de départ de cette vague remonte au 9 juillet 2022, avec l’enlèvement du coordinateur du FNDC, Oumar Sylla, dit Foniké Menguè, ainsi que de Billo Bah, responsable de la mobilisation au sein de la même organisation.

Un climat de peur dénoncé par la communauté internationale

Malgré les nombreuses alertes lancées par les Nations unies et diverses organisations de défense des droits de l’homme, ces pratiques persistent. Plusieurs observateurs pro-démocratie qualifient ces actes de « déshumanisants » et dénoncent une véritable politique de répression visant l’opposition et son entourage.

L’enlèvement de mineurs une grave atteinte aux droits humains

L’enlèvement de mineurs et de proches d’opposants constitue une grave atteinte aux droits humains fondamentaux et traduit une escalade inquiétante dans les méthodes de répression. Face à cette situation, le silence ou l’inaction ne sont plus acceptables. Il est impératif que la communauté internationale se mobilise davantage afin de faire pression sur les autorités concernées et mettre fin à ces pratiques. En plein XXIe siècle, de tels actes ne peuvent être tolérés sans conséquences.

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