Par Aïssatou Chérif Baldé
Au lendemain des élections législatives et communales du 31 mai 2026 et de la proclamation des résultats dans la nuit du 4 au 5 juin, tout semble indiquer que Dansa Kourouma est en bonne position pour prendre la tête de la future Assemblée nationale. Pour ses détracteurs, cette perspective ne relève ni du hasard ni d’une simple mécanique institutionnelle. Elle constituerait l’aboutissement d’un système politique qu’ils accusent d’avoir vidé la démocratie de sa substance et d’avoir fait de la loyauté au pouvoir le principal critère d’ascension.
Le favori d’un système politique verrouillé
Après les élections législatives et communales du 31 mai 2026, suivies de la proclamation des résultats dans la nuit du 4 au 5 juin, tout porte à croire que le phénomène social Dansa Kourouma, ancien président du Conseil national de la transition, sera reconduit à la tête de l’Assemblée nationale.
Certes, des noms comme ceux de Mme Makalé Traoré ou de Jean Paul Cedi figurent parmi les personnalités susceptibles d’être à la tête de l’assemblée nationale guinéenne aux services du pouvoir militaire plutôt qu’au service du peuple. Mais dans l’esprit de nombreux observateurs critiques, Dansa Kourouma apparaît comme le candidat naturel d’un système autoritaire dont il est devenu l’un des principaux porte-voix.
Pour la grande majorité silencieuse soumise à la terreur depuis cinq ans, son ascension s’inscrit dans le prolongement d’un processus électoral qu’elle qualifié de mascarade, marqué selon elle par une défiguration progressive de la démocratie guinéenne. Elle voit en lui le défenseur d’un pouvoir hégémonique dominant fondé sur la kakistocratie, plutôt que sur le pluralisme politique.
Le profil idéal pour l’Assemblée nationale de l’ère Doumbouya
Pour celui qui connaît le mode de fonctionnement d’un pouvoir des pires, Dansa Kourouma possède précisément le profil recherché pour présider une Assemblée nationale qui compterait en son sein les dévastateurs de la démocratie, des profiteurs d’occasion et les complices d’un système autoritaire.
Cette éventuelle accession au perchoir serait ainsi perçue comme la continuité logique d’une gouvernance qui ne tolère ni contradiction ni remise en cause. Dans ce contexte, le futur président de l’Assemblée nationale ne serait pas un contre-pouvoir, mais l’un des instruments essentiels d’un édifice politique conçu pour consolider l’autorité du pouvoir exécutif autoritaire qui a transformé la Guinée en une prison à ciel ouvert.
Dansa Kourouma deviendrait alors, le personnage parfait pour diriger le perchoir de Mamadi Doumbouya.
