Selon plusieurs sources concordantes, un groupe influent gravitant autour du président Mamadi Doumbouya, tenterait depuis plusieurs mois d’obtenir le départ du Premier ministre Amadou Oury Bah. Malgré des pressions internes, le chef de la junte aurait réaffirmé sa confiance à son chef du gouvernement, accentuant les fractures au sommet de l’État.
Une offensive politique menée dans l’ombre
Depuis plusieurs mois, les manœuvres se multiplieraient au sein des cercles du pouvoir pour obtenir le remplacement du Premier ministre Amadou Oury Bah. D’après nos informations, un clan composé notamment du président du Conseil national de la transition, Dansa Kourouma, et de l’ancien ministre de la Défense Aboubacar Sidiki Camara, plus connu sous le surnom d’« Idi Amin », aurait entrepris une campagne active visant à convaincre le général Mamadi Doumbouya de se séparer de son Premier ministre.
Selon nos sources, ce groupe souhaiterait voir émerger à la tête du gouvernement une personnalité issue de sa région d’origine. Une liste de cinq noms aurait même été soumise au chef de la transition. Parmi les personnalités citées figurerait notamment le général Amara Camara.
Un refus catégorique de Mamadi Doumbouya
Persuadés que leur démarche allait aboutir, les membres de ce clan auraient rencontré Mamadi Doumbouya peu avant l’éviction d’Aboubacar Sidiki Camara du ministère de la Défense.
Toujours selon nos sources, Mamadi Doumbouya aurait rejeté leur requête de manière ferme, en présence de plusieurs proches, dont sa mère venue séparément lui rendre visite. Il leur aurait rappelé qu’aucune disposition légale en Guinée ne conditionne l’accès à la fonction de Premier ministre à une appartenance régionale.
Le chef de la junte aurait également affirmé être satisfait du travail accompli par Amadou Oury Bah et ne voir aucune raison de le démettre de ses fonctions.
De graves accusations en coulisses
Nos sources rapportent également qu’Amadou Oury Bah aurait échappé, en décembre dernier, à une tentative d’enlèvement qui aurait été organisée pendant une absence de Mamadi Doumbouya du territoire national. Une opération qui aurait finalement échoué grâce à l’intervention de Mouctar Kaba, connu sous le pseudonyme de « Spartacus ».
Ces accusations n’ont toutefois fait l’objet d’aucune confirmation officielle à ce jour.
Le limogeage d’Idi Amin lié au dossier ?
Selon plusieurs témoignages recueillis, le refus de Mamadi Doumbouya de céder aux pressions ainsi que son soutien affiché à son Premier ministre auraient contribué à la décision de se séparer d’Aboubacar Sidiki Camara à la tête du ministère de la Défense.
Au sein du pouvoir, cette décision est interprétée par certains observateurs comme un signal fort adressé à ceux qui contestent l’influence grandissante d’Amadou Oury Bah.
Une succession déjà en préparation
Parallèlement, plusieurs personnalités politiques seraient déjà à l’œuvre pour se positionner en vue d’un éventuel remplacement du chef du gouvernement.
Nos sources citent notamment Dansa Kourouma, Ousmane Gaoual Diallo ainsi que Morissanda Kouyaté parmi les responsables qui nourriraient des ambitions pour la Primature.
Leur inquiétude serait alimentée par la relation de confiance de plus en plus étroite qui semble s’être installée entre Mamadi Doumbouya et son Premier ministre. Une proximité qui renforcerait progressivement le poids politique d’Amadou Oury Bah au sein de l’appareil d’État.
Le cas sensible de Bili Condé
Autre dossier évoqué par nos sources : celui de Bili Condé. Ancien proche du chef de la junte, il serait aujourd’hui devenu persona non grata auprès de Mamadi Doumbouya et cela malgré la médiation supposée de la famille du général.
Réfugié aux États-Unis, il est accusé par certains acteurs du pouvoir d’avoir détourné des fonds issus des « caisses noires » attribuées au Général Mamadi Doumbouya. Toujours selon ces mêmes sources, il aurait ensuite effectué un déplacement au Burkina Faso dans le but de tenter d’étouffer l’affaire sur fond d’occultisme .
Là encore, aucune communication officielle ne permet à ce stade de corroborer ces informations.
Une relation qui résiste aux turbulences
Pour l’heure, malgré les tensions et les rivalités qui traverseraient les coulisses du pouvoir, la relation entre Mamadi Doumbouya et Amadou Oury Bah semble demeurer solide.
Le chef de la junte militaire guinéenne continuerait d’accorder sa confiance à celui qu’il surnommerait affectueusement « Papa », selon plusieurs sources proches du dossier.
Reste désormais à savoir si les adversaires du Premier ministre au sein du palais parviendront à inverser ce rapport de force ou si Mamadi Doumbouya maintiendra son soutien à un collaborateur devenu l’une des figures les plus influentes de son pouvoir.
