Conakry renoue avec ces ordures : l’insalubrité comme symptôme d’une gouvernance en manque d’élan et de programme.

À chaque saison des pluies, la capitale guinéenne semble condamnée à revivre le même cauchemar : rues envahies par les déchets, quartiers inondés, odeurs pestilentielles et risques sanitaires grandissants. Pour de nombreux observateurs critiques du pouvoir, cette crise chronique de l’assainissement illustre l’échec des autorités dirigées par Mamadi Doumbouya, accusées de privilégier les calculs politiques au détriment des conditions de vie des populations.

Depuis plusieurs jours, à Conakry, les images d’ordures entassées le long des routes et dans les caniveaux deviennent malheureusement un décor quotidienles. 

Ces images de Conakry rappellent une réalité devenue tristement familière pour ses habitants. 

Dans plusieurs quartiers de la capitale, les rues sont jonchées d’immondices, tandis que les pluies provoquent des inondations mêlant eaux usées et détritus. 

Les scènes d’insalubrité se multiplient : amas de déchets à ciel ouvert, fumées toxiques issues des brûlages sauvages, odeurs nauséabondes et prolifération de rats, cafards et mouches autour des décharges improvisées.

Au-delà du choc visuel, les conséquences sanitaires et environnementales inquiètent. 

La contamination des ressources hydriques, des terres agricoles et même du bétail nourrit les craintes d’une aggravation des maladies liées à l’insalubrité. Dans plusieurs zones populaires et marchés de la capitale, des habitants dénoncent des conditions de vie devenues insupportables, au point que certains parlent désormais de « quartiers-poubelles ».

Pour beaucoup de Guinéens, cette dégradation continue traduit surtout l’absence de volonté politique. Le ministre de l’assainissement Aboubacar Camara, la ministre de l’environnement Diami Diallo et les autorités administratives de Conakry sont accusés d’inaction face à une crise pourtant visible et récurrente. 

Pendant que la capitale s’enfonce dans les déchets, les responsable du pouvoir militaire seraient davantage préoccupés, par les enjeux d’une élection législative simulacre, résultat d’une transition politique trompe l’œil et la recomposition du pouvoir autour du régime militaire dont les excès commencent à être dénoncés de façon virulente par les médias français tels que Jeune Afrique .

Dans ce climat de défiance, Mamadi Doumbouya est directement mis en cause par ses opposants, qui dénoncent une gouvernance tournée vers la consolidation du pouvoir plutôt que vers les besoins fondamentaux des Guinéens. 

Certains vont jusqu’à accuser le chef du pouvoir militaire de s’inscrire dans une logique de dépendance à des intérêts extérieurs, au détriment de la souveraineté économique et politique du pays.

Les critiques les plus virulentes estiment également que le silence de plusieurs puissances occidentales face aux dérives du pouvoir guinéen traduit une forme de complaisance géopolitique. 

Et pour ces voix contestataires, les violations des droits humains et la dégradation des conditions de vie en Guinée ne susciteraient qu’une indignation limitée sur la scène internationale.

Ancien légionnaire de l’armée française devenu homme fort de par son attitude tyrannique, Mamadi Doumbouya cristallise aujourd’hui les tensions entre partisans d’un pouvoir clanique, néopatrimonialiste, népotiste, incompetent et défenseurs d’une « Guinée des libertés », attachée à la souveraineté populaire et à la justice sociale.

Pendant ce temps, à Conakry, les montagnes d’ordures continueront de s’accumuler, à cause de l’incompétence du ministère de l’assainissement, de l’environnement, et du gouvernorat de Conakry, transformant le quotidien des habitants en une lutte permanente contre l’insalubrité et l’abandon.

Certes, l’insalubrité n’est pas seulement un problème des autorités. C’est aussi une responsabilité collective. Chaque citoyen, chaque ménage et chaque acteur économique a un rôle à jouer pour préserver un cadre de vie sain et digne.

Mais les autorités compétentes du pays doivent faire preuve d’exemplarité. 

En tout cas, Conakry mérite mieux.


Et une capitale propre, respirable et respectueuse de son environnement est possible, à condition d’une mobilisation réelle et durable de tous.

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