Conakry, 11 avril 2026 – Réunis en assemblée générale extraordinaire ce samedi à la Bourse du travail, les membres de l’intersyndicale de l’éducation FSPE-SNE ont évalué le niveau d’exécution du protocole d’accord signé le 3 janvier avec le gouvernement guinéen, censé mettre fin à la précédente grève des enseignants.
Des engagements jugés non respectés
Cette rencontre, qualifiée de décisive, a été marquée par de vives critiques à l’encontre du gouvernement dirigé par Amadou Oury Bah. Les syndicats accusent les autorités de refuser de respecter leurs engagements et surtout de ne pas les appliquer conformément aux accords obtenus.
Ils dénoncent notamment un retard dans l’exécution des différentes résolutions issues des derniers pourparlers.
Rupture avec le SLECG
Au cours de cette assemblée, l’intersyndicale a également pointé du doigt le Syndicat libre des enseignants et chercheurs de Guinée (SLECG), accusé d’adopter une position ambiguë.
« Nous avons décidé d’exclure le SLECG des travaux de l’intersyndicat de l’éducation, désormais limité à la FSPE et au SNE. Nous estimons que nos camarades du SLECG ne jouent pas franc jeu, adoptant une position ambivalente, favorable au gouvernement et contraire à la défense des intérêts matériels et moraux des enseignants », a déclaré Michel Pépé Balamou, secrétaire général du Syndicat national de l’éducation (SNE).
Un ultimatum de cinq jours
Les syndicats ont accordé un délai de cinq jours aux autorités pour répondre à leurs revendications.
« Ce moratoire court du lundi au vendredi prochain. À l’issue de ce délai, nous nous retrouverons en assemblée générale extraordinaire à la Bourse du travail pour décider du déclenchement d’une grève générale et illimitée à partir du lundi 20 avril 2026, sur toute l’étendue du territoire national, dans les établissements publics comme privés », a-t-il précisé.
Un secteur habitué aux crises
Le secteur éducatif guinéen reste marqué par des grèves cycliques, traduisant des tensions récurrentes entre les enseignants et les autorités.
Un contexte politique tendu
Cette menace de grève intervient dans un climat socio-politique particulièrement incertain. Le chef de la junte militaire, Mamady Doumbouya, a annoncé l’organisation d’élections communales et législatives, dans un contexte marqué par des accusations de braquage électoral lors du scrutin du 28 décembre 2025, ainsi que par des dénonciations de parjure, d’enlèvements d’opposants politiques, de purges au sein de l’armée et de climat de terreur.
Une issue incertaine
Reste à savoir si les autorités répondront favorablement aux revendications des enseignants ou si elles maintiendront leur ligne actuelle. La décision attendue à l’issue du moratoire pourrait ainsi ouvrir la voie à une nouvelle paralysie du système éducatif guinéen.
