Alors que la Guinée s’impose aujourd’hui comme le premier exportateur mondial de bauxite, une révélation explosive vient ébranler le secteur minier national. Selon plusieurs enquêtes, notre « or rouge » ne serait pas seulement la matière première de l’aluminium, mais renfermerait également des métaux stratégiques d’une valeur colossale, exportés sans contrôle ni compensation financière pour l’État guinéen.
Les pertes potentielles sont vertigineuses : entre 9 et 18 milliards de dollars par an s’évaporeraient ainsi au profit de multinationales, dans un silence presque total.
Le “cadeau” invisible embarqué dans nos navires
Le constat dressé par le journaliste-reporter Antoine 2 Moscou est sans appel : la bauxite guinéenne contient, en plus de l’alumine, des terres rares telles que le cérium, le lanthane ou encore le néodyme. Ces métaux sont aujourd’hui indispensables à la fabrication de smartphones, satellites, éoliennes, batteries de véhicules électriques et équipements militaires.
Chaque année, près de 180 millions de tonnes de bauxite quittent les ports guinéens. Or, selon les estimations, chaque tonne contiendrait entre 1 et 2 kg de terres rares. Cela représenterait 180 000 à 360 000 tonnes de métaux stratégiques exportées gratuitement, faute de séparation, de traçabilité et de clauses contractuelles spécifiques.
La valeur de ce « bonus invisible », non déclaré et non rémunéré, pourrait atteindre jusqu’à 18 milliards de dollars par an. Un manque à gagner colossal qui interroge profondément la gouvernance du secteur minier guinéen.
Incompétence ou complicité ?
Une question brûlante s’impose :
Les experts miniers guinéens ignorent-ils réellement la composition de notre sous-sol ?
Si la réponse est non, comment expliquer que ces métaux secondaires ne figurent pas explicitement dans les contrats miniers et les accords de partage de production ?
Deux scénarios préoccupants émergent :
- L’exclusion des technocrates : les ingénieurs, géologues et juristes guinéens sont-ils réellement associés aux négociations, ou celles-ci se déroulent-elles dans l’opacité des cercles politiques, loin des réalités techniques du sous-sol ?
- La naïveté face aux géants miniers : les multinationales profitent-elles d’un contrôle étatique faible pour signer des contrats « tout-en-un », leur permettant de capter l’ensemble des dérivés de la bauxite sans aucune contrepartie financière pour la Guinée ?
Dans les deux cas, la souveraineté économique du pays semble gravement compromise.
Reprendre le contrôle : les piliers d’une souveraineté minière retrouvée
Face à ce que beaucoup qualifient désormais de bradage organisé des ressources nationales, l’heure n’est plus aux constats mais à l’action. Plusieurs réformes majeures s’imposent :
- Auditer et renégocier les contrats miniers existants, afin d’y intégrer des redevances spécifiques sur les métaux secondaires et stratégiques.
- Imposer la transformation locale, notamment par la construction de raffineries et d’unités de séparation des métaux, pour créer de la valeur ajoutée sur le sol guinéen.
- Confier les négociations à des techniciens guinéens qualifiés et patriotes, plutôt qu’à des intermédiaires politiques souvent déconnectés des enjeux techniques.
- Investir massivement dans la formation des jeunes ingénieurs, géologues et juristes miniers, afin de rééquilibrer le rapport de force face aux multinationales.
Une urgence nationale
La Guinée ne peut plus se contenter d’être un simple réservoir de matières premières brutes, exportées sans transformation ni contrôle. La richesse exceptionnelle de son sous-sol doit enfin se traduire dans les comptes de l’État, les infrastructures publiques et le quotidien des citoyens.
À défaut, l’« or rouge » continuera d’enrichir les autres… pendant que le pays reste pauvre.
