Guinée : L’investiture de Mamady Doumbouya est une gifle contre la démocratie (M.Saliou Diallo). 

L’investiture du chef de la junte militaire guinéenne, Mamady Doumbouya, prévue pour le 17 janvier 2026, est une insulte à la démocratie et notamment ses principes fondamentaux incluant « la souveraineté populaire (le pouvoir appartient au peuple), l’égalité des droits (tous les citoyens sont égaux devant la loi), les libertés fondamentales telles que celle de la liberté d’expression, d’association, de presse, la liberté de manifester), la séparation des pouvoirs qui signifie que l’État est soumis à la loi), l’organisation des élections libres et équitables, la participation citoyenne et la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat, la responsabilité des gouvernant».

Par ailleurs, peut-on procéder à l’investiture d’un chef militaire arrivé au pouvoir à l’issue d’un coup d’État, qui organise une élection tronquée sur fond de parjure ?

En se référant aux princes fondamentaux de la démocratie, nous ne pouvons que répondre par la négative à cette question.

Rappel ddes faits depuis le putsch militaire françafricain

Pour rappel, depuis le putsch du 05 septembre 2021, la junte dirigée par Mamady Doumbouya à instauré un régime autoritaire marqué par l’oppression du peuple, la restriction des libertés publiques, la censure des médias, l’interdiction des manifestations pacifiques et l’enlèvement de toute personne osant critiquer les dérives du régime.

Et c’est dans ce contexte qu’il a organisé les élections le 28 Décembre 2025 et s’est autoproclamé président de la République par la suite et à travers une Cour Suprême aux ordres et sur fond d’une élection taillée sur mesure. 

Pourtant les élections étant cet instrument à travers lequel le peuple doit librement exprimer son choix ne doivent pas être utilisées comme un instrument de confiscation ou d’exclusion des adversaires politiques qui dérangent.  

Mais on voit bien dans ce pays avec un héritage étatique violent et empoisonné, même une simple élection référendaire ne peut se faire sans terreur. 

Dans un tel contexte, on ne peut pas prétendre que nous vivons aujourd’hui dans une démocratie ou encore dans un État de droit du moment où chaque voix critique est considérée comme une menace à neutraliser.

Les droits de l’homme sont piétinés

Les droits de l’homme qui désignent l’ensemble des droits et libertés inhérents à tout être humain, sans distinction doivent être protégés à tout prix. Ils comprennent notamment la liberté d’expression, la liberté de pensée, la liberté de réunion et de manifestation, la liberté de culte, le droit à la sécurité personnelle, ainsi que la protection contre l’arbitraire, la détention illégale et les traitements inhumains.

Ces droits constituent un pilier essentiel des sociétés démocratiques. Ils garantissent la dignité humaine, l’égalité devant la loi et la pleine réalisation de l’individu. Sans le respect des droits de l’homme, aucune démocratie véritable ne peut exister.

Or, en Guinée, ces droits et libertés sont piétinés par la junte militaire. 

Pire encore, nous faisons face à une insécurité totale. Non seulement les enlèvements des grandes figures de la société civile et de l’opposition politique (Oumar Sylla Foniké Menguè, Billo Bah, Habib Marouane Camara, Néné Ousmane Diallo) se multiplient, mais contribue à la dégradation continue de la situation sécuritaire et à l’installation de la peur et de la terreur au sein de la société guinéenne. 

Le 9 janvier 2026 dernier, Néné Oussou Diallo, membre de la plus grande formation politique guinéenne, l’Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), dirigée par Cellou Dalein Diallo — lui-même victime d’injustices répétées a été enlevée à son domicile. Ces actes renforcent le sentiment d’insécurité et de peur au sein de la population.

Les conséquences du non-respect des lois de la République sont pourtant gravissimes

Il affaiblit les institutions, détruit la confiance entre les citoyens et l’État, favorise l’impunité et ouvre la voie à l’arbitraire. À long terme, cela compromet la stabilité nationale, freine le développement économique et isole le pays sur la scène internationale.

Un pouvoir qui viole les lois qu’il est censé défendre perd toute légitimité morale et politique. La sécurité, la justice et l’intérêt général ne peuvent être garantis dans un État où la loi est instrumentalisée au profit d’un régime militaire.

Et c’est pourquoi d’ailleurs ils sont sourds muets face aux assassinats de Melilla. 

Alors, jeunesse politique consciente angoissée, révoltée en Guinée, dictateurs apeurés, opinions publiques écœurées de part et d’autre, nous ne sommes pas en démocratie. Il est plus que jamais évident que ce système de ces relais néocolonialistes va économiquement, politiquement et socialement continuer à ruiner les pays africains.

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