Ousmane Gaoual : le ministre en sursis qui redécouvre l’UFDG (Par Alpha Issagha Diallo).

Il crie à la brutalité après avoir mordu la main qui l’a nourri. Il joue les martyrs d’une cause qu’il a lui-même désertée. Et il s’étonne encore d’être seul.

Lorsqu’un homme politique perd à la fois son camp, son crédit et son miroir, il se met à parler fort. Très fort.

C’est ce qu’a fait Ousmane Gaoual Diallo. Sa dernière sortie contre Cellou Dalein Diallo est tout sauf politique : c’est un aveu de fragilité, un sursaut de panique, une crise d’identité en direct.

Quand l’UFDG a été suspendu, il n’a pas hésité une seconde à publier un communiqué pour désolidariser son CERAG du parti. Il voulait se faire pardonner par le pouvoir, se donner l’image du ministre responsable, loyal, « réformé ».

Mais aujourd’hui que la disgrâce l’attend à la porte de la Présidence, le même homme revient maladroitement parler de l’UFDG, en insinuant qu’il peut encore parler au nom de ceux qu’il a trahis.

Quelle comédie !

Ousmane Gaoual accuse Cellou Dalein de « brutalité » parce que ce dernier a parlé d’un dialogue fraternel avec Alpha Condé.

Mais où était sa pudeur politique quand il ramassait les miettes du CNRD pour se bâtir une illusion de pouvoir ?

Il parle de traumatisme des victimes, mais ne s’est jamais indigné quand le régime qu’il sert aujourd’hui a rouvert les prisons de l’arbitraire.

Son hypocrisie n’a plus de costume.

Il est nu sous la lumière des faits.

Et le peuple a vu le corps entier de sa contradiction : celui d’un homme qui a confondu l’ascension avec la reptation.

Ousmane Gaoual veut rejouer l’intellectuel déçu, le philosophe du dialogue.

Mais son message ne sonne plus.

Il ne parle pas pour convaincre — il parle pour survivre.

Chaque mot qu’il prononce pèse le poids exact de sa peur : celle d’être oublié, abandonné par le maître qu’il servait avec excès, méprisé par la base qu’il a vendue avec zèle.

La vérité est simple : le ministre n’est plus ministre de rien, sinon de son propre désarroi.

Il peut encore multiplier les analogies historiques, ressusciter Roosevelt ou invoquer Hitler, le peuple n’y croit plus.

L’homme qui avait fui son parti revient aujourd’hui frapper à la porte qu’il avait claquée. 

Mais la mémoire ne pardonne pas les allers-retours intéressés.

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