CHRONIQUE-Dansa Kourouma reconduit: le visage assumé d’un pouvoir sans contrepoids. 

Par Aïssatou Chérif Baldé 

La reconduction de Dansa Kourouma à la tête de l’institution parlementaire guinéenne , ce vendredi 17 juillet 2026, relance les critiques sur l’évolution du paysage politique guinéen. Dans cette chronique, l’auteur dénonce l’enracinement d’un système qu’il considère comme autoritaire, la passivité des élites politiques et le renoncement d’une partie de la jeunesse face aux dérives du pouvoir.

Le triomphe d’un système contesté

Sans surprise, le phénomène social Dansa Kourouma a été reconduit à la tête d’un perchoir issu d’un coup d’État militaire et civil, d’une répression sanglante de l’opposition, d’un régime de censure, d’élections truquées et de libertés surveillées, ce vendredi 17 juillet 2026.

Alors, qu’on ne se trompe pas, Dansa Kourouma, c’est le deuxième despote du pays.

C’est aussi un autre cauchemar, c’est surtout un dernier des hommes qui foule la nation aux pieds, qui lui rit au nez, la raille, la nie, l’insulte, la bafoue et lui crache dessus.

La responsabilité des élites politiques

Force est de constater que le triomphe de ces individus médiocres, imposteurs, injustes, est rendu possible grâce à la complaisance du peuple et de la classe politique guinéenne.

Car ces phénomènes sociaux ne se sont pas introduits dans notre vie à notre insu, on les a cherché délibérément.

Non seulement, la plupart des hommes politiques de l’opposition guinéenne détournent les yeux sur cette évolution tragique, puisque préoccupés sur fond de la politique du ventre à intégrer le camp des pillards pour aussi avoir l’argent du beurre.

Mais les politiques en Guinée n’ont ni le courage, ni la vision de reconnaître que le peuple de Guinée a besoin d’actes que de paroles.

Une jeunesse guinéenne qui manque de grandeur

Quant à la jeunesse guinéenne, elle refuse de faire preuve de grandeur, pour être cette grande génération de Guinéens porteurs d’espoir, puisqu’elle a décidé de soutenir l’enracinement d’une république bananière, néopatrimoniale, dirigée par des intérêts égoïstes d’une petite oligarchie autoritaire, clanique, ethniciste dont la corruption dénature l’essence de ce pays.

La jeunesse guinéenne a fait le choix de fermer les yeux sur le fait que le népotisme a fini par infester toutes les institutions étatiques guinéennes.

Car il y a de nombreux gens qualifiés qui ne sont pas là où ils devraient être, parce qu’ils refusent de lécher les bottes de qui que ce soit, ou encore parce qu’ils ne savent pas lécher les bottes.

Quelle issue pour la Guinée ?

Alors quelle solution trouver lorsque l’esprit et le cœur de la plupart des acteurs politiques sont rongés par la corruption et l’injustice jusqu’à la moelle épinière ?

Seule la révolte de l’esprit et du cœur du peuple pourra ouvrir la voie de la guérison et au prix d’un effort soutenu par le même peuple pour mettre hors d’état de nuire toute cette élite subalterne d’une nouvelle tyrannie en Guinée.

Une élite subalterne d’une structure économique internationale mafieuse à connotation néocoloniale qui ressemble à des limousines passe-partout ayant une angoisse devant le vide qui provoque cette ambition, ce pouvoir démesuré, cet acharnement à posséder, par tous les moyens.

Sans quoi, on va continuer d’être « encerclé » par les gangs « prédateurs », englué dans une cascade de crises et à des conditions de vie insoutenables.

L’urgence d’un sursaut collectif

Si nous n’agissons pas maintenant, l’instabilité et la violence auront un impact durable sur des générations de Guinéens.

Le peuple continuera d’être pris au piège dans ce genre de « cycle tragique » de violences, de misère et de catastrophes comme la tragédie de N’Zérékoré, de Coronthie et les inondations meurtrières de ces dernières années.

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