Guinée:Le retour à l’ordre constitutionnel est une question de sauvegarde de nos acquis démocratiques, ni plus, ni moins (Par Aissatou Cherif Baldé-Diallo).

Lorsque l’opposant politique Cellou Dalein Diallo, président de la grande formation politique (UFDG) a affirmé aujourd’hui 12 janvier 2026 dans une interview sur le média français RFI qu’il est prêt à accepter  la main tendue du chef de la junte Mamadi Doumbouya, seulement à condition que le retour à l’ordre constitutionnel soit effectif, il n’a pas tort. 

Et nous devrons dans la situation actuelle de notre pays refuser de se faire bouffer par les politicards, soutiens de la junte, la junte militaire françafricaine elle-même et leur démagogie boueuse. Nous devons continuer cette lutte pour que la défaite de leur démagogie soit la victoire du peuple. 

Dans cette lutte très difficile à mener, la complaisance, les compromissions contre nature, l’équilibrisme n’ont pas leur place.

Certes l’opposition actuelle rencontre assez de difficultés sur le terrain,des difficultés dues au caractère autoritaire du régime militaire.

Mais pour enfin permettre à la Guinée d’avoir un État démocratique fondé sur la solidarité, la justice sociale, l’égalité, l’opposition doit continuer de jouer son rôle indispensable à l’édification d’un État de droit.

Et aucun processus de démocratisation ne peut se consolider sans une opposition forte.. Car la liberté de l’opposition est une des vertu cardinale de la démocratie libérale sur le plan politique. Elle est une composante essentielle de la démocratie en ce qu’elle offre aux citoyens une alternative à la politique définie et appliquée par le régime politique en place.

Elle assume au fond une mission de service public : contrôler et critiquer l’action gouvernementale, proposer des valeurs, des idées et un projet de société alternatifs à ceux véhiculés et appliqués par le parti ou la coalition de partis au pouvoir, et briguer les suffrages des citoyens.

C’est pour toutes ces raisons  que les difficultés que rencontrent l’opposition ne doivent pas être un alibi pour refuser de dénoncer et de combattre le projet de confiscation du pouvoir par la junte militaire guinéenne. 

Car s’abstenir de défendre le retour à l’ordre constitutionnel, c’est remettre en cause les acquis démocratiques dont la naissance demeure très douloureuse pour ce vaillant peuple de Guinée.

S’abstenir de défendre le retour à l’ordre constitutionnel promis par Mamadi Doumbouya un 05 septembre 2021, c’est être complice d’un pouvoir agonisant en perte de vitesse, qui avilit et ruine le peuple de Guinée.

Nous devons comprendre que refuser de défendre notre constitution, c’est trahir de manière éhontée la mémoire de toutes ces victimes des bavures de la junte militaire guinéenne depuis son putsch françafricain du 05 septembre 2021. 

Et ne pas défendre le retour à l’ordre constitutionnel, c’est montrer à la face du monde que nous ne sommes pas mûrs pour la démocratie.

Bref accepter la main tendue de Mamadi Doumbouya sur fond de parjure, d’enlèvements, de terreur c’est encourager la médiocrité, l’effritement des contres pouvoirs, l’émergence des cadres en manque de visibilité et de vertu qui ne savent séduire que par leur négativité, par leur mépris pour les faibles, leur amour de l’argent, leur désir d’inégalité, d’injustice, de domination, leur besoin d’agression, leur désignation de boucs émissaires, dans les organisations, dans les partis politiques, certaines régions de la Guinée. 

C’est surtout soutenir le vertige narcissique d’un clan égoïste et égotique, la mise en scène publique de leur mensonge éhonté  :  Ces dérives qui travaillent l’ensemble de la société guinéenne; qui certes ne représentent pas la totalité de la vie sociale, mais sa face sombre et qui manifestent de son état de crise et d’angoisse.

Donc il est temps de s’atteler ensemble sur l’essentiel qui est la sauvegarde des acquis démocratiques, qui serviront de remparts contre les dérives despotiques des actuels et futurs dirigeants de ce pays.

Cette lutte demeure la seule voie plausible pour empêcher l’ascension des pseudos-opposants-démocratique aux allures despotiques au pouvoir et l’implantation d’un régime militaire despotique françafricain qui a transformé la Guinée en une prison à ciel ouvert et qui défigure la démocratie et nous impose un régime de terreur népotiste transformant l’État guinéen en une entreprise familiale. 

Car l’arrivée de Mamadi Doumbouya au pouvoir à mis en lumière les dérives et pratiques malsaines fondées sur une politique patrimoniale telle que le népotisme, le clientélisme, transformant l’État en une « chasse gardée » des élites avec une gestion publique dépourvue de  rationalité, de logiques de gestion du pouvoir et de succession; c’est-à-dire un régime qui nous impose un système de gouvernance qui s’éloigne  des principes démocratiques et de la méritocratie . 

Alors l’opposant politique Cellou Dalein Diallo a tout à fait raison de refuser la main tendue du chef de la junte militaire Mamadi Doumbouya, car ce qui est possible au Sénégal, au Ghana est possible aussi en Guinée. 

Nous ne voulons pas un autre Faure Gnassimbé  en Guinée. 

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