Edito-Guinée/ l’investiture sans gloire de Mamadi Doumbouya approche à grands pas (Par Aissatou Cherif). 

L’investiture sans gloire, de Mamadi Doumbouya dont la santé n’est pas au beau fixe, malgré ses sorties orchestrées sur fond d’un faux-semblant et qui depuis son putsch du 05 septembre 2021 s’est fixé comme objectif: faire des élections en Guinée, le renouvellement d’une classe politique mafieuse à la solde d’un clan égoïste, facho-ethniciste, s’annonce avec trompettes et tambours. 

Le tapis rouge sera donc déroulé le 17.01.26 à Conakry pour ses amis et alliés, qui pour la plupart sont des hommes toxiques, sans âme qui puent de l’oppression et du néocolonialisme. 

Ainsi le feu vert est donné encore aux kakistocrates pour sept bonnes années.

Le renouvellement du personnel local du système-monde, dont les ficelles sont tirées par un clan de mafieux et de médiocres  semble être assuré en Guinée et pour combien de temps ? 

Les électeurs locaux et leurs leaders qui ont participé à cette sélection du 28 Décembre 2025 ont participé à l’enterrement de l’alternance démocratique pacifique en Guinée. 

Ils ont certainement oublié qu’ils sont devenus, à leur propre insu, des clients de la politique spectacle et les victimes des rapports marchands qui leur sont sous-jacents.

Et pourtant, je garde espoir ! 

J’ai l’espoir que ma génération parvienne à changer cette nation. 

Car depuis que je suis née, c’est crise sur crise dans ce pays. Aujourd’hui, on veut avoir une autre nation qui ne sera plus celle « des pressions et des corrompus ».

Même si j’ai l’impression que les gens qui pensent comme moi se font rares, puisque la plupart des jeunes gens, y compris celle de ma génération se cachent derrière le jeu ethnique, clanique, et clientéliste pour avoir accès aux privilèges de l’Etat guinéen. 

Et c’est pourquoi il est si facile et d’ailleurs trop facile pour les acteurs étatiques guinéens, corrompus et antidémocratiques, de continuer à tenir les rênes de ce pays. 

C’est pour toutes ces raisons que la lutte des mouvements sociaux de 2006 jusqu’à nos jours d’un peuple révolté et las de cette précarité aiguë est toujours confisquée et biaisée.

Et pourtant, si on acceptait de voir la Guinée comme notre dénominateur commun et de comprendre que le retard de ce pays est voulu par sa classe politique tout bord confondu. 

Il serait très facile de se débarrasser de cette élite mafieuse qui est entrain d’imposer au pays un apartheid ethnique, territorial et social.

Ce peuple contraint de choisir depuis 67 ans entre le mal et le moindre mal a de nouveau donné avec la mascarade électorale du 28 décembre 2025, une nouvelle force à la dictature, puisque sa participation à la mascarade électorale basée sur une constitution illégitime a sans doute légitimé le pouvoir de Conakry. 

De toute évidence la constitution guinéenne depuis son adoption en 1990 a toujours été une norme suprême tantôt instrumentalisée par le pouvoir en place; tantôt déstabilisée par la banalisation des révisions en dépit de la rigidité affichée ; ou encore menacée de l’intérieur par un contenu crisogène ; voire même concurrencée par des accords politiques à la portée juridique discutable. Une situation qui depuis le putsch militaire du 05 septembre a été renforcée. 

Et cette délégitimation par les tenants du pouvoir du sens commun de la constitution laisse apparaître un sens caché qui rend désormais incertaine la notion même de constitution en Guinée. Un fait qui compromet donc l’acceptation de l’alternance politique pour le bon fonctionnement de la démocratie, renforcé évidemment par l’ethnocentrisme politique, par le népotisme, le clientélisme, pour aider tout  pouvoir qui se veut éternel.

Alors vivement une nouvelle tyrannie et sa corruption insupportable.

«La liberté n’est jamais accordée volontairement par l’oppresseur»

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