Mamadi Doumbouya, j’accuse et je vous accuse ! (Par Aissatou Cherif Baldé-Diallo)

Mamadi Doumbouya, putschiste, ancien légionnaire français qui se dédie, et décide de faire une campagne électorale entre chars de combat et soldatesques déboussolés aux abois, préférant se cloîtrer au fin fond de son palais, j’accuse et je vous accuse! 

Votre coup d’État militaire, qui ne pouvait manifestement plus être couvert par la fausse Charte de la transition ou par un subterfuge d’une transition politique, a rétabli la dictature brutale. Voilà pourquoi je vous accuse et j’accuse! 

J’accuse et je vous j’accuse, car nous sommes de plus en plus inquiets de votre soutien à l’expulsion involontaire des jeunes guinéens déboutés dans leur procédure de demande d’asile en Allemagne et surtout du blocage manifeste du processus de démocratisation de notre pays… 

Car ce jeudi 27 novembre en Allemagne, le gouvernement fédéral allemand a expulsé à peu près 67 guinéens qui étaient déboutés dans leur procédure de demande d’asile en Allemagne sur fond d’un accord de rapatriement violé pourtant dans son article 2 qui stipule que pour faire expulser un Guinéen, il faut qu’il passe d’abord devant l’ambassade de Guinée à Berlin qui doit procéder à son identification. Et c’est lorsque cette tentative d’identification échoue, que l’État allemand va exiger la venue d’une délégation guinéenne en Allemagne pour faciliter ainsi l’expulsion des Guinéens. 

Or  votre gouvernement à travers votre ministre des affaires étrangères et des guinéens de l’étranger Morisandan Kouyaté et Bachir Diallo du ministère de la protection civile et de la sécurité envoie moyennant paiement une délégation gouvernementale de façon récurrente pour identifier les Guinéens pour fin d’expulsion massives.

Alors j’accuse et je vous accuse Monsieur Mamadi Doumbouya! 

Et d’ailleurs cette délégation séjourne depuis bientôt une semaine en Allemagne en identifiant les Guinéens à tout va et plongeant les personnes concernées dans une situation traumatique inédite. 

On se demande alors quel est le projet réel de votre pouvoir militaire, irrespirable obtenu à travers un coup de force meurtrier le 05 septembre 2021.

C’est pourquoi j’accuse et je vous accuse ! 

Car après plus de quatre ans passés à la tête de l’État guinéen, on ne reconnaît aucun projet politique, aucune option programmatique, aucun élan politique.

La souffrance du peuple devient de plus en plus insoutenable: manque d’eau, d’électricité, insécurité, chômage des jeunes, corruption à ciel ouvert, l’instauration  d’un État népotiste, factionnel, autoritaire, immigration mortelle, expulsion des Guinéens en Allemagne.. 

Pourtant un État qui se veut démocratique doit s’atteler sur l’essentiel: C’est à dire rétablir un état respectueux des principes de la démocratie, accroître le potentiel de nos ressources humaines, assurer la protection sociale et le bien-être pour tous, mobiliser de manière stratégique nos ressources financières, dynamiser les secteurs créateurs d’emplois et de richesse. 

Malheureusement plus de quatre ans après votre putsch militaire, le constat est amer. Car ces points cités ci-dessus ne se vérifient pas sur le terrain.

Donc j’accuse et je vous accuse ! 

Vous avez promis le 05 septembre 2021 de faire de la justice notre boussole et de former un gouvernement qui est à l’écoute du peuple. 

Mais votre gouvernement continue de briller entre imposture, arrogance, incompétence et forfaiture. Il prouve de par ses actes qu’il n’est pas à la hauteur. 

Sa gestion actuelle de la grève des enseignants en est une preuve. Les gens souffrent trop. 

Et j’accuse, je vous accuse ! 

Cependant M Mamadi Doumbouya, retenez que «gouverner c’est improviser et prévenir. L’art de gouverner c’est l’art de vaincre les difficultés ; l’art de vaincre les difficultés, c’est l’art de choisir les hommes selon leurs aptitudes : et cet art, c’est le secret de toute grandeur, c’est l’explication que donne l’histoire de l’éclat des plus illustres règnes ; l’art de gouverner, c’est l’art d’administrer un pays, d’en conserver et d’en accroître le bien-être et la moralité, l’art de gouverner c’est savoir céder par moment aux caprices de son peuple ». 

Mais vous gouvernez ce pays depuis quatre ans qu’à la surface. Votre parjure assumé et cet assassinat de la démocratie voulu en Guinée, le recyclage de tous les anciens prédateurs de l’État guinéen et la fabrication d’autres à l’image de Dansa Kourouma, les enlèvements des opposants politiques, les parents et enfants mineurs des opposants, la corruption, le blanchiment d’argent, vos sentences iniques le prouvent. 

Alors j’accuse M Mamadi Doumbouya, je vous accuse, et je me demande c’est quoi votre projet ! 

Car vous nous soumettez un projet où la femme guinéenne joue des coudes pour se faire une place; un projet où les contre-pouvoirs s’effritent petit à petit; un projet où les cadres intègres manquent en visibilité et en influence ! 

Vous êtes dans le déni total et  vous vendez un développement et une croissance superficielle qui se caractérise par une croissance économique qui n’est pas synonyme de progrès social et humain, due à une mauvaise répartition des richesses, des inégalités persistantes et des dépendances économiques. 

Des problèmes comme la pauvreté, les défaillances en éducation et en santé, la vulnérabilité face aux crises mondiales, et des enjeux comme le changement climatique, l’exploitation sauvage des ressources minières, limitent drastiquement l’impact des avancées économiques. 

Mais vous persistez dans vos mensonges d’États, vos projets fictifs, vos menaces qui se traduisent en ces termes:«Je le dis et je le répète : je ne permettrai à personne de nous ramener en arrière».

Or vous êtes aujourd’hui le vrai obstacle au développement de ce pays et cet obstacle s’appelle mépris, injustice, violence et violation des droits humains, la confiscation des libertés individuelles. 

J’accuse donc et je vous accuse Monsieur Mamady Doumbouya! 

Atteint de la maladie du pouvoir, vous oubliez que dans ce pays où il y a des traumatismes personnels et collectifs, il n’est guère étonnant que la grande majorité n’ait pas confiance en elle, et en vous et n’ait pas confiance entre elle, ne puisse imaginer l’avenir ensemble. 

Dans ce pays où la pauvreté et la violence de l’état que vous incarnez sont monnaie courante, le réflexe lié au stress est de reproduire ce qu’on a vécu, ce qu’on a subi. Dans ce pays où la peur des autres, du jugement des autres est monnaie courante, il n’est guère étonnant qu’il soit si difficile de travailler ensemble à des projets!

Mais vous n’en êtes vraiment pas conscient, car vous n’avez aucune notion de la gouvernance de la cité ! Vous insistez dans la bêtise humaine, des fausses promesses et des illusions électorales d’un braquage électoral. 

Quel gâchis monsieur le président ! 

Bien pauvre est celui qui ne fait que promettre!

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