Le commandant Aboubacar Toumba Diakité a été conduit à sa dernière demeure ce vendredi 3 avril 2026, dans son village d’origine situé à Mandiana, en Guinée. Disparu tragiquement le mercredi 25 mars 2026 à Conakry, ses obsèques, initialement prévues dans la capitale, ont été interdites par les autorités militaires, entraînant leur délocalisation vers son village d’origine.
À Mandiana, une foule importante s’est mobilisée pour rendre un dernier hommage vibrant à celui qui fut un ancien commandant de l’armée guinéenne, reconnu pour avoir servi l’État avec bravoure.
Lors de l’inhumation, la population, visiblement émue, scandait en langue malinké : « Que le Tout-Puissant fasse triompher la vérité ».
Au-delà de l’hommage, ces funérailles ont également été marquées par un climat de méfiance et d’interrogations. Car une partie importante de l’opinion publique guinéenne exprime en effet des doutes quant à la version officielle avancée par la justice sur les circonstances de sa mort, qui évoque une mort naturelle.
Certains citoyens établissent un parallèle avec la disparition d’autres figures de l’armée, notamment Sadiba Coulibaly, Célestin Bilivogui et Claude Pivi, estimant que ces disparitions pourraient être l’œuvre du pouvoir militaire qui n’hésite pas à enlever les personnes soupçonnées de déstabiliser le pouvoir militaire françafricain de Mamady Doumbouya. Ces voix critiques dénoncent ce qu’elles considèrent comme un manque de transparence et évoquent la possibilité d’actes délibérés, bien que ces accusations ne soient pas confirmées officiellement.
Dans ce contexte, le système judiciaire guinéen est vivement critiqué par certains acteurs de l’opinion, qui remettent en cause son indépendance. Le tout nouveau ministre de la Justice, Ibrahima Sory II Tounkara, est notamment pointé du doigt pour ses déclarations où il affirme être là que pour exécuter les ordres de Mamadi Doumbouya, certains estimant qu’elles traduisent une soumission assumée d’un subalterne au pouvoir en place dirigé par Mamady Doumbouya.
Pour ces voix critiques, la justice actuelle serait « sélective » liée à de façon intrinsèque àl’exécutif, compromettant ainsi la manifestation de la vérité dans des affaires sensibles. Elles estiment que tant que ce système perdurera, les circonstances exactes de la disparition du commandant Toumba Diakité resteront entourées de zones d’ombre.
Dans un pays où les tensions politiques restent vives, cette disparition et les conditions de son traitement continuent d’alimenter les débats sur la gouvernance, l’État de droit et la nécessité de réformes profondes pour garantir une justice indépendante et crédible.
