CAN : une décision controversée de la CAF qui secoue le monde du football africain.

Par Aïssatou Chérif

La Confédération africaine de football (CAF) traverse une crise sans précédent. En décidant, mercredi 18 mars, de retirer la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Sénégal pour l’attribuer au Maroc, l’instance dirigeante du football africain s’expose à une vague de critiques sans précédent et ravive les tensions autour de ses méthodes de gestion opaques et corruptibles.

Sur le plan réglementaire, la CAF s’appuie sur des dispositions qui permettent de sanctionner une équipe ayant quitté le terrain ou interrompu un match au-delà d’un certain délai. Pourtant,  cette décision interroge. Car intervenir plusieurs semaines après la finale et la remise du trophée au Sénégal donne le sentiment d’un verdict tardif, inique qui fragilise la crédibilité de la compétition et brouille la perception du résultat sportif.

De nombreux observateurs estiment qu’une telle décision aurait dû être prise immédiatement, sur le terrain, par le corps arbitral. En l’absence d’une sanction instantanée, la victoire du Maroc par voie d’appel apparaît, aux yeux de certains, comme une issue administrative, une manigance plutôt que sportive. Une situation d’autant plus controversée que, lors de l’incident, le match avait repris normalement après une interruption d’environ dix minutes, avec l’accord apparent des deux équipes.

Le scénario du match alimente également le débat. Après avoir manqué un penalty, le Maroc s’était incliné sur le terrain avant d’engager une procédure de recours. Si cette démarche reste conforme aux règlements, elle soulève des questions d’équité dans l’opinion publique, certains y voyant une victoire obtenue hors du cadre du jeu, une victoire achetée tout court. Car nous savons que le président de la fédération marocaine de football est un homme à tout faire du président de la Fifa Enfationo. 

Dans ce climat tendu, la Fédération sénégalaise de football (FSF) a rapidement réagi. Elle a mis en demeure la CAF de suspendre l’exécution de la décision et de geler toute procédure de remise du trophée au Maroc, dans l’attente d’un arbitrage définitif. La FSF a également annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS) dans un délai de 48 heures afin d’obtenir l’annulation pure et simple de la décision. 

Du côté sénégalais, les réactions sont vives. Plusieurs responsables, anciens comme actuels, dénoncent une atteinte à l’intégrité du jeu et une remise en cause du rôle des arbitres. Sur les réseaux sociaux, les joueurs ont, eux aussi, exprimé leur position en affichant des images de leur coupe, affirmant que le titre se gagné sur le terrain et non dans des instances administratives.

Au-delà de cette affaire, c’est l’image du football africain qui se trouve une nouvelle fois fragilisée. Entre soupçons de corruption, jeu d’influence, accusations de pratiques opaques et défiance croissante des acteurs, cette décision pourrait laisser des traces indélébiles. 

Alors que la procédure devant le TAS s’annonce décisive, une question demeure : comment restaurer la confiance dans les institutions du football africain et garantir que les résultats sportifs soient, avant tout, décidés sur le terrain ?

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