Guinée : l’ancien Premier ministre Kassory Fofana remis en liberté pour raisons de santé.

Les rumeurs qui circulaient depuis mercredi dans la capitale guinéenne se confirment. L’ancien Premier ministre du président Alpha Condé, Dr Ibrahima Kassory Fofana, a été remis en liberté ce jeudi 5 mars 2026 pour des raisons de santé.

La décision a été prise par le juge Daye Mara, qui a ordonné la mise en liberté provisoire de l’ancien chef du gouvernement, tout en renvoyant l’examen du dossier au 26 mars 2026 pour la poursuite des débats.

Le procès en appel de Kassory Fofana, prévu devant la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF), n’a d’ailleurs pas pu se tenir ce même jour. En cause : l’état de santé jugé préoccupant du prévenu, décrit comme « gravement malade ». L’ancien Premier ministre était déjà absent lors de l’ouverture de l’audience la veille.

Incarcéré depuis le 6 avril 2022 à la maison d’arrêt de Coronthie, Kassory Fofana est poursuivi pour des faits présumés de détournement de deniers publics, enrichissement illicite et corruption. Depuis le début de la procédure, ses avocats n’ont cessé d’alerter sur la dégradation progressive de son état de santé, qu’ils estiment incompatible avec sa détention.

La remise en liberté provisoire de l’ancien Premier ministre intervient donc dans un contexte judiciaire sensible, alors que l’opinion publique n’est plus attentive à l’évolution de ce dossier emblématique des poursuites engagées contre d’anciens hauts responsables du régime précédent. 

Paradoxalement, depuis le coup d’État militaire du 05 septembre 2021 qui a porté Mamadi Doumbouya au pouvoir, la Guinée demeure confrontée à une persistance inquiétante des crimes économiques, du blanchiment d’argent et de la corruption. Loin de marquer une rupture avec les pratiques du passé, le régime militaire semble avoir laissé prospérer, voire normaliser, ces dérives au sommet de l’État.

Plusieurs scandales financiers impliquant des proches du chef de la junte ont, au fil des années, alimenté les soupçons d’enrichissement illicite. Les montants évoqués dans ces affaires sont considérables et interrogent sur la gestion des ressources publiques dans un pays où les besoins sociaux restent immenses.

Or, la lutte contre la corruption et les crimes financiers ne peut être crédible sans exemplarité au plus haut niveau. À défaut, les discours officiels perdent toute portée. Aux yeux de nombreux observateurs, le pouvoir actuel et son cercle restreint donnent l’image d’une élite qui aurait transformé, en l’espace de quatre années, la corruption en mode de gouvernance de fait

Car il faut noter que depuis le putsch militaire françafricain de Mamady Doumbouya en 2021, les crimes économiques, le blanchiment d’argent, la corruption continuent de gangrener le pays. Les scandales financiers autour du cercle restreint du chef du régime militaire Mamadi Doumbouya sont multiples et les sommes détournées sont faramineuses les unes que les autres. 

Comme pour dire, on ne peut pas lutter contre les crimes financiers, la corruption sans faire preuve d’exemplarité. 

Et Mamadi Doumbouya, son cercle restreint demeurent tout simplement des bandits à col blanc qui sont parvenus en quatres ans à faire de la corruption la norme qui régit la gouvernance en Guinée. 

Dans ce contexte, la promesse de refondation de l’État et de rupture avec les mauvaises pratiques apparaît de plus en plus creuse et vide de sens. Pour une large partie de l’opinion publique, le pouvoir en Guinée n’a pas tenu ses engagements en matière de bonne gouvernance, laissant planer un sérieux doute sur la volonté réelle du régime de moraliser la vie publique.

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