Par Aissatou Chérif Baldé
L’Occident aime se présenter comme le grand donneur de leçons en matière de démocratie, de paix, de sécurité et de respect des droits humains. Pourtant, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, il s’illustre par une pratique constante du double langage, une tricherie dangereuse qui pousse le monde vers l’abîme.
La guerre déclenchée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, ce samedi 27 février 2026, et le soutien quasi automatique des puissances occidentales à l’État agresseur qu’est Israël, illustrent une fois de plus cette politique des deux poids, deux mesures. Cette offensive, menée en violation flagrante du droit international, s’est traduite par l’assassinat du guide suprême de la République islamique, Ali Khamenei, ainsi que de plusieurs hauts responsables militaires et politiques iraniens. Des infrastructures civiles — écoles, hôpitaux publics — ont également été détruites, provoquant de lourdes pertes humaines.
Une agression soigneusement préparée
Depuis ce 27 février, les États-Unis et Israël mènent des attaques militaires d’une rare violence contre l’Iran. Plusieurs installations militaires et nucléaires ont été ciblées. Des dirigeants des Gardiens de la révolution ont été tués. Face à cette agression, l’Iran a réagi immédiatement et poursuit sa riposte, en représailles aux frappes israélo-américaines.
Cette réponse iranienne, qui menace d’embraser l’ensemble du Moyen-Orient, se poursuit avec intensité, notamment contre les pays du Golfe, principaux soutiens régionaux des agresseurs. Elle démontre une réalité que certains feignent d’ignorer : l’Iran ne tombera pas facilement. Le pays dispose d’une capacité militaire considérable, fondée sur un arsenal massif de missiles et de drones.
C’est d’ailleurs ce rapport de force qui explique la mort de plusieurs soldats américains, ainsi que des victimes enregistrées en Israël et dans certains pays du Golfe.
Face à cette agression de l’État sioniste — qui constitue une violation manifeste de la Charte des Nations unies — les autorités iraniennes ont organisé une riposte inédite. Au troisième jour d’affrontements militaires, l’Iran continue de lancer des salves de missiles contre Israël et ses alliés régionaux.
L’Occident, Israël et la sacralisation de l’impunité
Ce conflit met une nouvelle fois en lumière le double langage de l’Occident, qui sacralise Israël et soutient sans réserve la posture impérialiste de Donald Trump.
Les mêmes pays occidentaux qui condamnent avec vigueur les coups d’État militaires au Niger ou au Burkina Faso, qui sanctionnent lourdement la Russie pour la guerre en Ukraine et qui désignent certains États comme appartenant à « l’axe du mal », brillent aujourd’hui par leur silence ou leur complaisance face à l’agression américano-israélienne contre l’Iran.
Pire encore, des pays comme l’Allemagne, la France ou le Royaume-Uni apportent ouvertement leur soutien aux agresseurs et se disent prêts à intervenir militairement contre l’Iran. Ils savent pourtant parfaitement que cette nouvelle guerre viole la Charte des Nations unies et le droit international. Ils savent aussi qu’elle risque de précipiter le monde vers une catastrophe globale.
Une domination héritée de la violence
Tout porte à croire que les puissances occidentales, qui ont bâti leur richesse et leur puissance sur la domination des nations faibles et sur des guerres atroces — l’Europe étant à l’origine des conflits les plus meurtriers de l’histoire, notamment les deux guerres mondiales — ne peuvent sincèrement prôner la paix.
L’Europe et les États-Unis, responsables de crimes contre l’humanité tels que l’esclavage et le colonialisme, continuent de se nourrir des guerres et de l’insécurité dans les pays qu’ils cherchent à maintenir sous tutelle. C’est ainsi qu’ils ont divisé le monde en deux camps artificiels : le camp du bien et le camp du mal.
Malgré leur passé de domination sans état d’âme, ils persistent à vouloir imposer leur hégémonie sur toutes les terres du globe. Ils interviennent partout sous couvert de subversion, d’ingérence, de conflits et de pillage systématique et systémique. Leur stratégie est claire : semer le chaos, entretenir le désordre, car ils en tirent profit.
L’exception espagnole
Dans ce paysage européen largement aligné, l’Espagne fait figure d’exception. Elle est, à ce jour, le seul pays européen à avoir condamné ouvertement l’agression américano-israélienne. Son Premier ministre a interdit aux États-Unis d’utiliser deux bases militaires espagnoles dans l’offensive contre l’Iran, prenant ainsi ses distances avec la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni.
Et c’est dans un message publié sur le réseau social américain X, que le chef du gouvernement espagnol Pedro Sanchez a affirmé que cette opération « représente une escalade » et a ajouté que l’Espagne rejetait également « les actions du régime iranien et des Gardiens de la révolution ».
Pedro Sanchez a averti que le monde ne pouvait se permettre une nouvelle guerre « prolongée et dévastatrice » au Moyen-Orient.
« Nous demandons une désescalade immédiate et le plein respect du droit international. Il est temps de reprendre le dialogue et de parvenir à une solution politique durable pour la région » a-t-il fait savoir.
Un geste rare, mais révélateur : il est encore possible, en Europe, de dire non à la guerre et à l’hypocrisie.
