Iran–États-Unis : J.D. Vance veut en finir avec la « diplomatie de façade ». (Par Aboubacar Tely Barry).

Pour le vice-président américain J.D. Vance, la diplomatie traditionnelle avec l’Iran est devenue une perte de temps. Dans un entretien accordé à l’ancienne journaliste de Fox News Megyn Kelly, l’élu républicain a livré une critique sévère du système politique iranien, qualifié de « bizarre » et inadapté à toute négociation sérieuse. Relayées par plusieurs observateurs internationaux, ses déclarations dessinent une nouvelle ligne stratégique : Washington ne veut plus discuter avec des intermédiaires, mais s’adresser directement au véritable centre du pouvoir à Téhéran.

Un « dialogue de sourds » selon Vance

Pour J.D. Vance, les échanges diplomatiques actuels relèvent d’une mise en scène inutile. Les puissances occidentales passent des mois à négocier avec le président iranien ou son ministre des Affaires étrangères, alors que, selon lui, ces responsables n’ont pas le pouvoir décisionnel final.

Il illustre cette impasse par une métaphore simple :
« C’est comme vouloir acheter une maison en négociant avec le jardinier alors que le propriétaire refuse de vous parler. Même si le jardinier est d’accord, le propriétaire peut tout annuler. »

Autrement dit, discuter avec des responsables sans autorité réelle serait stratégiquement inefficace.

La « méthode Vance » : parler au vrai décideur

Le colistier de Donald Trump prône une rupture nette avec les usages diplomatiques classiques. Sa stratégie repose sur trois axes :

  1. Cibler le décideur réel : exiger un canal direct avec le Guide suprême, Ali Khamenei.
  2. Clarté transactionnelle : une approche assumée « business » — définir clairement ce que Washington veut et ce qu’il offre en retour.
  3. Ultimatum du réel : Trump privilégierait la voie non militaire, mais si le dialogue direct échoue, l’option militaire resterait sur la table pour empêcher l’Iran d’accéder à l’arme nucléaire.

Un système à deux têtes

Si J.D. Vance affirme ne pas « comprendre » le fonctionnement iranien, c’est parce qu’il repose sur une dualité de pouvoir :

  • La façade institutionnelle : un gouvernement élu, visible sur la scène internationale.
  • Le pouvoir réel : le Guide suprême et les Gardiens de la Révolution, qui contrôlent l’appareil militaire, nucléaire et régional.

Selon Vance, cette architecture permet à Téhéran de gagner du temps, tout en avançant discrètement ses pions.

Une doctrine américaine en gestation

En qualifiant le système iranien d’« absurde », J.D. Vance ne se contente pas d’exprimer une frustration personnelle. Il esquisse une doctrine : Washington ne veut plus se laisser enfermer dans des cycles de négociations interminables.

Exiger un dialogue direct avec le Guide suprême est un pari risqué. Il place l’Iran devant un choix clair : sortir de son opacité pour négocier réellement, ou s’exposer à une confrontation directe avec une administration Trump qui affirme ne plus vouloir jouer le jeu des intermédiaires.

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