Qui a intérêt à ce que les enlèvements des opposants  continuent en Guinée? (Par Aïssatou Chérif Baldé). 

L’enlèvement de Mme Néné Ousmane Diallo, responsable politique de l’UFDG, la formation politique du célèbre opposant Cellou Dalein Diallo, ce jeudi 08 janvier 2026 à domicile par des hommes encagoulés, vient contredire de façon cinglante la récente sortie de l’actuel Premier ministre Amadou Oury Bah qui parlait d’avancée notable en matière du respect des droits humains. 

Cette nouvelle affaire d’enlèvement qui secoue la Guinée et qui a été confirmé par les responsables de l’UFDG démontrent à quel point la terreur et la violence sont devenues les seuls recours du pouvoir militaire françafricain guinéen pour éliminer toutes les voix dissidentes du pays. 

En effet, si cet enlèvement ravive les inquiétudes autour du climat sécuritaire et du respect des libertés politiques dans le pays, il confirme le fait que la sélection du 28 Décembre 2025 n’était juste qu’un alibi démocratique, une sorte de défiguration de la démocratie afin de confisquer un pouvoir qui se nourrit des crises, du désaccord pour effriter vaille que vaille la cohésion sociale et notre volonté de rester ensemble.

Le modus operandi du tortionnaire Balla Samoura reste le même

En dépit de leur braquage électoral, le modus operandi du tortionnaire Balla Samoura, ce Haut Commandant de la gendarmerie nationale reste le même, il ne doit plus y avoir de divergences d’opinion, d’action, ils doivent nous imposer leur point de vue. 

Car Mamadi Doumbouya et son entourage n’ont pas organisé un braquage électoral pour retravailler sur les“Orientations”, les finalités de la société. 

Ils l’ont fait c’est pour continuer de piller la Guinée, le peuple sur fond d’un pouvoir de démesure et de la françafrique. 

Et ce clan souffre sans doute d’une déficience intellectuelle et morale,d’une humeur ombrageuse qui occasionne orgueil, supériorité et domination, avec une fausseté de jugement qui provoque des déviations du raisonnement et une altération logique, se traduisant par des interprétations tendancieuses irréductibles.

Ce clan a intérêt à continuer les enlèvements des opposants

Ceci dit, ce clan a ntérêt à continuer les enlèvements, la restriction des libertés individuelles et d’opinions, de la liberté de la presse, le verrouillage du système multipartite. 

Pourtant la plus vorace ou violente dictature tombera faute de consensus ou de retenu, faute d’écoute et de bon sens. 

L’exemple d’Idriss Deby du Tchad ou encore de Blaise Compaoré au Burkina Faso, de l’ancien président Alpha Condé en sont des exemples illustratifs sur le continent.

Des enlèvements qui n’arrangent pas Mamadi Doumbouya

En temps réel, après ce triomphe sans gloire de Mamadi Doumbouya,  s’il avait encore le contrôle de la situation, il allait conformément à son dernier discours adopter une position commune qui arrangerait toutes les parties sans qu’aucune d’entre elles ne se sente vaincue. 

Et il allait y faire recours maintenant, pour éviter qu’on arrive à une impasse et que l’intérêt général se trouve menacé. 

Les circonstances du moment en Guinée et dans sa phase actuelle  imposent cette solution. 

Car elle a le mérite de faire éviter le pays des crises qui, si elles ne sont pas résolues à temps, risquent de s’accentuer et d’exploser à tout moment. 

Comme cela fut d’ailleurs le cas le 05 septembre 2021. Mais on continue sur la même lancée, malgré son triomphe du 28 Décembre 2025. 

Or, refuser de prendre la voie de la solution de bon sens et de mesure pour sortir la Guinée de cette situation de crise permanente n’arrange pas Mamadi Doumbouya.

Elle n’arrange que ceux qui autour de lui pourraient profiter d’un énième coup de force.

Le clan du genre ça casse ou passe veut reprendre la main 

Apparemment, compte tenu de l’état de santé forcément instable de Mamadi Doumbouya, certains membres influents du CNRD tels que Balla Samoura, le tortionnaire et chef des enlèvements, Aboubacar Sidiki Camara, soutenus par le système françafricain sont pour  la stratégie du genre ça casse ou passe.

Elle flatte les concepteurs de la violence d’État et de l’ethnisme politique et reste perçue par ces groupes sans doute comme payante. 

Pour eux, elle joue au pourrissement de la situation socio-économique et politique du pays, creusant ainsi davantage le fossé au sein de la société guinéenne. Et ce pourrissement les arrange. 

C’est pour toutes ces raisons qu’ ils ont ôté à cette transition politique  son âme. 

Les élections sont l’occasion de départager démocratiquement les voix, c’est une compétition volontaire où les électeurs sont invités à choisir ceux parmi les candidats les mieux aptes à les gouverner.

Ce petit clan a fait intervenir d’autres procédés 

Mais ce petit clan autour de Mamadi Doumbouya a fait intervenir d’autres procédés pour changer les règles sur le terrain de jeu égalitaire et responsable, pour exclure certains, tout en ôtant toute qualité de citoyens aux guinéens et toute liberté à leurs volonté.

Ces élections n’ont jamais été organisées pour responsabiliser le peuple de Guinée et leur apprendre la démocratie, leur inculquer la culture politique et citoyenne.

Elles ont été organisées dans le seul but de leur priver de tels droits,de faire d’eux des sujets qui acquiescent servilement au bon vouloir de ceux qui veulent les guider comme un troupeau de moutons. 

Ainsi la Guinée continuera de rester dans son cul de sac habituel et sera surtout un terrain fertile aux coups d’État militaires, à la terreur sur fond d’un État sans âme où la vie du Guinéen ne vaut pas plus que le pet d’un lapin. 

Et le Premier ministre Amadou Oury Bah, pour protéger son poste, continuera de faire des sorties marquées par une fausseté de jugement qui provoque des déviations du raisonnement et une altération logique, se traduisant par des interprétations tendancieuses irréductibles en attendant que le clan du chaos ne le destitue. 

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