Chronique-Élections présidentielles en Guinée ou le triomphe de la tyrannie (Par Aissatou Cherif Baldé).

Après son coup d’Etat militaire du 21 septembre 2021 émaillé du sang d’innocents guinéens, le chef de la junte en Guinée, Mamadi Doumbouya, a été proclamé président avec un score de 86,72 % digne d’un régime despotique, dès au au premier tour, lors d’un scrutin sans suspense qui a tout l’air d’un braquage électoral, en l’absence des ténors de l’opposition, et selon les résultats provisoires annoncés, mardi 30 décembre, par une Direction générale des élections (DGE) à la solde du  tyran guinéen. 

Alors un tel triomphe, s’il peut-être appelé ainsi,  demeure sans surprise celui du camp de la démesure, de la tyrannie, de la démagogie populiste, de la médiocrité, du clanisme, de l’imposture, de l’obscurantisme, de la haine et de l’inefficacité. 

C’est un triomphe sans gloire qui vient d’enfanter une horde de loups usurpateurs affamés, tuant depuis quatre ans encore et encore pour satisfaire le besoin d’un seul individu. 

Nous devons surtout comprendre que cette victoire dissimule mieux le déchaînement des luttes fractionnelles, qui parasitent non seulement les institutions politiques mais aussi les administrations publiques, les syndicats, les coordinations régionales, et autres entités d’ordre religieux du pays. C’est dire que cette victoire est aussi celle d’une médiocrité collective. 

Le triomphe de cet ancien légionnaire français, fabrique de la françafrique salué par les médias français et soutenu par l’État français ressort les conséquences du découpage à l’équerre du continent consécutif à la Conférence de Berlin de 1885 qui a donné naissance à des États interethniques où cohabitent majorités et minorités n’ayant pas le même fondement social et sociétal. Un découpage source de division ethnique et politique, même si au fond il n’y a pas forcément adéquation parfaite entre appartenance ethnique et adhésion politique.

Avec cette victoire sans gloire, ils vont sans doute s’activer à faire triompher la fatalité au sein de la société guinéenne, pour ainsi maintenir leurs intérêts égoïstes au détriment du peuple de Guinée qu’ils ont rendu, d’ailleurs pauvre, arriéré, impuissant, et qu’ils violentent depuis 67 ans. 

La Guinée est désormais tenue par des fanatiques aux allures despotiques prêts à faire le sacrifice de tous les Guinéens pourvu qu’ils puissent garder le pouvoir et Mamadi Doumbouya est désormais leur guide. 

Cependant, pour ceux qui croient à l’instauration d’un État de droit en Guinée, tout n’est pas perdu. Il faut impérativement trouver des voies et moyens pour que le peuple de Guinée arrive à se libérer de cette nouvelle tyrannie approuvée dore et déjà par la France.  

Cependant tout n’est pas perdu ! 

Et cela n’est possible que si dans une union sacrée, les Guinéens parviennent à tourner dos à ces monstres qui tiennent ce pays d’une main de fer. C’est seulement en faisant preuve d’union, de bon sens, d’humanisme et de solidarité qu’il sera possible de triompher sur la conspiration, la manipulation fourbe et cynique de ces fascistes.

Ainsi pour casser ce système mafieux et effacer ses empreintes pour les jeunes générations, il faut à la Guinée un nouveau leadership qui doit impérativement être mené par une personnalité attachée aux valeurs morales immaculées, loin de toute instrumentalisation politique. 

En somme, il faut aux Guinéens ce leader avec lequel la Guinée ne sera pas la risée des puissances impérialistes, donc un leader capable de s’assurer de l’adhésion de la presque totalité de tous les Guinéens à ces idéaux pour ainsi éviter de nous fabriquer des militants extrémistes, capables de se réjouir de l’assassinat d’autres compatriotes, sans conscience aucune, des suivistes sans aucun sens de discernement. 

En effet, c’est cet homme ou femme dont les actions sont capables de faire rêver ou inspirer les autres d’apprendre, d’entreprendre davantage qu’il nous faut aujourd’hui. Donc cet homme ou femme politique qui de par ses actes mérite son statut de leadership, ainsi  au fil du  temps,  il verra que le temps d’arriver au sommet sera plus court que possible.

En attendant, je dirai que  « je préfère un futur imprévisible à un futur imposteur ». 

Et dans l’obscurité que vous nous avez imposée, j’avancerai au clair de ma plume. 

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