Les obsèques du commandant Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba, se tiendront finalement à Conakry, a annoncé sa famille, qui a procédé à une modification du programme initial.
Décédé le mercredi 25 mars 2026 dans des circonstances jugées douteuses, l’ancien commandant de l’armée guinéenne avait été extrait de la Maison centrale de Conakry le 10 février dernier avant d’être transféré à la maison d’arrêt de Coyah.
Initialement, son inhumation était prévue dans sa ville d’origine, Mandiana. Toutefois, sans qu’aucune justification officielle ne soit fournie, la famille a décidé de renoncer à ce choix.
Selon les nouvelles dispositions, l’enterrement aura lieu le vendredi 3 avril à Conakry. Une prière funéraire est prévue à la grande mosquée Fayçal de la capitale, avant l’inhumation au cimetière de Béhanzin, situé dans la banlieue de Conakry.
La disparition de cet ancien membre de l’armée guinéenne continue de susciter une vive émotion, tant sur le plan national qu’international.
Détenu pendant près de neuf ans à la Maison centrale de Conakry, Toumba Diakité avait été transféré le 10 février 2026 dans des conditions qualifiées de « clandestines et illégales » vers la prison civile de Coyah. Cette opération aurait été menée par les forces spéciales, en collaboration avec une unité de l’armée connue sous le nom de « les Blindés ».
Le climat d’inquiétude entourant son sort s’est ainsi confirmé de manière tragique avec l’annonce de son décès. Cette situation met en lumière les tensions internes au sein de l’armée guinéenne, notamment la montée en puissance des forces spéciales dirigées par Mamadi Doumbouya, au détriment des forces armées régulières, accusées par certains d’être impliquées dans des enlèvements, des actes de torture et des règlements de comptes, y compris au sein des forces armées.
Après les disparitions de Toumba Diakité, de Sadyba Koulibaly, de Célestin Bilivogui et de plusieurs autres, de nombreuses interrogations persistent quant à l’évolution de la situation politique et sécuritaire en Guinée.
La question suivante demeure : qui sera la prochaine victime dans ce contexte marqué par une indifférence totale de l’État?
