En Guinée, un climat de tension et de suspicion semble s’installer au sommet de l’État. Depuis la disparition de Toumba Diakité, que de nombreux citoyens considèrent comme un assassinat, des interrogations persistent : d’autres figures de l’armée sont-elles aujourd’hui menacées ?
Des noms circulent, le pouvoir sous pression
Selon une source présentée comme proche des cercles du pouvoir, le prochain nom évoqué serait celui du Général Saa Alphonse Touré, actuel commandant du Bataillon autonome des troupes aéroportées (BATA). . Ancien commando et membre du CNDD, il est régulièrement cité dans les événements liés aux massacres du 28 septembre 2009.
Toujours d’après cette source, Moussa Tiegboro Camara, récemment condamné à la prison à perpétuité pour crimes contre l’humanité dans le cadre du procès du 28 septembre, figurerait également parmi les personnes en danger.
Ces informations, largement relayées sur les réseaux sociaux, alimentent une atmosphère de crainte et de spéculation à Conakry.
Arrestations au sein des services de renseignement
Dans ce contexte tendu, deux agents des services de renseignement auraient été interpellés hier soir. Ils sont soupçonnés d’être à l’origine de fuites d’informations sensibles du pouvoir militaire dirigé par le Général Mamadi Doumbouya.
Par ailleurs, un ancien directeur de communication de la présidence, récemment limogé après une prise de parole controversée, pourrait lui aussi faire l’objet d’une arrestation imminente, selon les mêmes sources.
Une mémoire marquée par les violences politiques
Ces développements interviennent dans un pays encore profondément marqué par des épisodes de violences politiques. Les massacres du Massacre du 28 septembre 2009 ont fait au moins 157 victimes, selon les chiffres officiels, tandis que plusieurs centaines de personnes auraient perdu la vie depuis 2010 dans des contextes de tensions politiques et sociales.
Depuis la prise de pouvoir par les militaires le 05 septembre 2021, les critiques dénonçant des atteintes graves aux droits humains et un climat de peur se multiplient.
Car nous assistons aujourd’hui à une purge au sein de l’armée guinéenne, à l’enterrement de la démocratie sur fond de défiguration de la démocratie et de dissolution des partis politiques, d’enlèvement forcé des opposants politiques, de journalistes tout comme les membres de famille des opposants.
Silence du pouvoir et critiques croissantes
Face à ces accusations et inquiétudes, le silence du président de transition, Mamadi Doumbouya, est vivement critiqué. Certains y voient un signe de déni ou d’indifférence face aux exigences de justice et de transparence.
Des observateurs estiment que cette situation met en lumière les faiblesses structurelles de l’État de droit en Guinée, notamment en ce qui concerne l’indépendance de la justice et la séparation des pouvoirs.
Un appel à l’unité nationale
Dans un contexte de défiance croissante envers les institutions, plusieurs voix appellent à une prise de conscience collective. Elles exhortent les citoyens guinéens à s’unir pour préserver les acquis démocratiques et éviter une dérive vers l’autoritarisme.
L’histoire politique du pays — de l’indépendance en 1958 aux mobilisations populaires de 2006 et 2009 — est souvent invoquée comme un rappel de la capacité du peuple guinéen à se mobiliser face à l’injustice et à un pouvoir de démesure.
